La « manif pour tous » est porteuse d’une culture profondément mauvaise qu’il nous apparaît indispensable de dénoncer, en tant que vegan straight edge, une fois encore, à la veille de la manifestation à Paris, ce 26 mai.
La religion catholique est fortement enracinée dans la région Nord-Pas de Calais, et cela en raison de l’encadrement strict dont la classe dominante a eu besoin de tous temps pour s’opposer aux révoltes ouvrières. Cela se constate à notre époque par une forte mobilisation dans « la manif pour tous ». Une partie de la population de la région s’implique dans ce mouvement soit disant non-violent des opposants au mariage des personnes homosexuelles. Pour la prochaine manifestation parisienne du 26 mai, le site régional de la « manif pour tous » annonce des départs de plus de 30 villes du Nord-Pas de Calais, c’est un signe de la volonté qu’ont les organisateurs de frapper fort. Pour appuyer cette volonté, les opposants au mariage des personnes homosexuelles ont mis en place des moyens de propagande assez considérables. En plus des campagnes de communication sur internet, dans la presse, et du lobbying envers les élus, une quantité impressionnante de tracts a été distribué dans les boîtes à lettre et sur les pare-brises des autos, afin de ratisser large.
La communication est un point fort de ce mouvement, qui use d’images frappantes. Au dos du tract, on peut voir les silhouettes d’une vache et d’un bébé humain. L’enfant est tourné vers la vache et dit : « MOI AUSSI JE VEUX MA TRAÇABILITÉ »
C’est la culture nationaliste-catholique typiquement anti-animaux qui se dévoile ici. Ce dessin prétend être d’un humour grinçant, mais est en fait dégueulasse. Selon l’auteur, l’enfant humain serait traité moins bien que la vache, sous entendu, à cause de la « loi Taubira ». L’enfant réclame alors « sa » « traçabilité », pour obtenir l’égalité avec la vache. Cet humour provoque immanquablement la nausée des personnes vegan straight edge. C’est la négation de ce que dans la société capitaliste, comme en France, pour les animaux, la vie est un éternel Treblinka. Quand bien même les enfants auraient à souffrir d’être élevés dans une famille composée de parents du même sexe, ce qui n’est pas le cas, leur situation n’aurait rien de comparable avec le cauchemar de chaque instant qu’est la vie des animaux exploités. Ironiser sur la souffrance endurée par les animaux exploités ne peut relever que de personnes insensibles, vouées à la barbarie.
Ces opposants à la « loi Taubira » se moquent bien en vérité de la réalité. Leur combat est totalement idéaliste, il n’est ni question des enfants, ni au final de sentiments. L’enfant du dessin réclame la traçabilité de ses origines familiales. Ce qui se joue pour les organisateurs des « manif pour tous », ce n’est pas la relation affective qui existe entre les parents et les enfants. Ils s’opposent à une modification des règles de « filiation », c’est-à-dire de « traçabilité » des humains. Ils s’opposent à une modification des règles de « succession », c’est-à-dire de « traçabilité » du patrimoine familial. Leur soucis est donc celui de la lignée. Les participants à la manif pour tous agissent pour la défense de la famille patriarcale. Leur volonté est de figer la famille bourgeoise comme institution indépassable. Le modèle mis en avant est né à une époque où, précisément, les êtres humains ont adopté l’exploitation des animaux pour développer la société. Avec l’agriculture et le développement des troupeaux, c’est la propriété privée qui est apparue. Les différences entre les tâches confiées aux femmes et celles des hommes se sont accrues. Les humains de sexe masculin, affectés au travaux des champs et à l’élevage des animaux ont imposé leur domination économique et sociale sur les femmes. La famille est devenue avant tout une unité économique regroupant les outils de travail, les terres, les bâtiments, les animaux, les esclaves, les femmes, les enfants sous la domination des hommes.
La référence à la traçabilité dans le dessin appartient à 100 % au vocabulaire de l’exploitation animale, c’est un truc de viandard. Il s’agit d’un moyen, pour le consommateur de la chair de l’animal, de s’assurer de la qualité sanitaire de « sa » viande, en ayant des informations sur l’animal et l’éleveur. La traçabilité n’a aucun intérêt du point de vue de la vache ou du veau. Aucun animal n’a jamais réclamé un droit à la traçabilité. Il est un fait acquis que, pour l’auteur de ce dessin, les animaux sont des êtres inférieurs, strictement séparés des humains. Au travers de la « traçabilité » ce qui est nié, c’est l’existence même d’un lien durable entre la mère et l’enfant.
La contestation de la loi, et avec elle la communication, ont évolué au fil du temps. Au départ, il s’agissait de s’opposer au mariage des personnes homosexuelles, pour défendre les enfants dans leur prétendue nécessité absolue de vivre auprès d’un père et d’une mère. Maintenant que la « loi Taubira » a été votée, la mobilisation continue avec pour slogan : « nous disons non au mariage pour tous car NON AUX MERES PORTEUSES ». « Céder » sur le mariage pour tous, ce serait mettre le doigt dans un engrenage qui entraîne la filiation, qui entraîne l’adoption, qui entraîne la PMA pour les couples de femmes et les mères porteuses pour les couples d’hommes. Ces gens s’opposeraient car le ventre des femmes n’est « ni à louer, ni à vendre », avec pour slogan : « exploitation de la femme, Marchandisation des enfants JAMAIS ! »
C’est ainsi que les masques tombent.
Car, comment des individus insensibles, qui blaguent sur le sort de veaux arrachés à leurs mères, qui nient que les animaux -dont les humains- ont en commun ce lien premier à la mère, osent-ils prétendre s’opposer au mariage gay au nom de la protection des enfants et des mères ?
Les gens de la « manif pour tous » sont des escrocs, ils cherchent à maintenir l’ordre social fondé sur la propriété privée. Ces gens sont des bourgeois manipulateurs qui utilisent les masses pour renouveler la culture de la famille patriarcale, pour dévisser l’histoire.
Une large part des habitants de la France, sans appartenir à la bourgeoisie, s’oppose à une évolution qui mènerait à la gestation pour autrui. L’idée d’arracher un nouveau-né des bras de sa mère, pour le vendre, nous remplit d’effroi. De plus en plus de gens prennent conscience que les humains et les autres animaux ont droit au lien avec leur mère, au contact de la peau à la peau ! Voilà dans quel sens tourne la vis de l’histoire !
Nous l’avons déjà dit, nous sommes favorables à ce que les enfants évoluent dans une famille aimante, quelle que soit l’orientation sexuelle des parents. Dans ce sens, nous sommes favorables à l’adoption d’enfants, comme à l’assistance médicale à la procréation en faveur des couples homosexuels. Mais nous sommes fermement opposés à la légalisation des mères-porteuses. Nous sommes opposés à la GPA, car nous sommes tournés vers la vie. Contrairement aux fascistes de la « manif pour tous », nous défendons les êtres vivants. Nous le faisons précisément contre le patriarcat, qui a généré l’exploitation des femmes, la prostitution, l’esclavage et l’exploitation des animaux non-humains et humains.
Nous sommes vivants,
nous sommes le présent.
Nous sommes armés
de compassion.



