Hier soir, dansle Vieux-Lille, imbibés d’alcool comme à leur habitude, des nazis des tribunes du LOSC se sont attaqués à un bar, fréquenté habituellement par des personnes homosexuelles. Plusieurs personnes ont été blessées avant que les clients s’organisent pour mettre les boneheads en fuite. Cette agression est probablement un acte spontané, une opération montée à la va-vite en mode hooligan. Il n’empêche que les actes de violence physique contre les personnes homosexuelles se multiplient ces derniers mois.
L’attaque d’hier soir est une illustration de la progression des idées fascistes et de leur transcription en actes. Ces hooligan-nazi, bodybuildés, littéralement enflés de virilisme se présentent devant un bar, pour, selon leurs propres mots, « casser du pédé ». Le fait d’attaquer à quatre un bar bondé suppose la croyance dans la supériorité du mâle hétérosexuel. Il s’agit là de l’expression de la brutalité contre les personnes que les fascistes considèrent comme faibles parmi lesquels les femmes, les intellectuels, les personnes handicapées…
Le quartier du Vieux-Lille compte de nombreux commerces tenus ou fréquentés par des personnes homosexuelles. Le choix de faire irruption dans un lieu où l’on consomme des boissons alcoolisées n’est sans doute pas neutre. L’alcool joue en effet un rôle central pour les fascistes, il s’agit pour eux d’un moyen de transcender l’individu. Boisson des guerriers, l’alcool n’est donc pas un « truc de pédé », mais est réservés aux « vrais hommes » qui, seuls, « savent » boire ! Battre des personnes homosexuelles, en particulier des hommes, dans un lieu de consommation d’alcool est un moyen de disqualifier, de prouver sa supériorité. Évidemment, dans ce genre de groupes, l’alcool rend surtout les plus jeunes recrues dociles et obéissantes. Après avoir vidé quelques canettes de bière, les skins obéissent aveuglément, et après quelques mois, ils sombrent dans l’alcoolisme et la décadence complète.
Cet événement laisse entrevoir la brutalité et la soif de persécution des fascistes. Il doit être compris au regard de la concurrence qui règne au sein du mouvement fasciste. Les nazis du LOSC ont agi dans la surenchère de la haine contre les personnes homosexuelles qui règne depuis la fin 2012. Ces skinheads sont des personnes dangereuses composant un groupe raciste voué aux pogroms. Il doit être combattu et détruit. Mais son rôle politique est limité.
C’est dans le bouillon de culture des manifestants contre le mariage des personnes homosexuelles que germe le fascisme français dans sa version catholique et nationaliste. La région Nord-Pas de Calais est représentée en nombre dans les mobilisations réactionnaires contre le mariage des personnes homosexuelles. Des personnes sont allées manifester en masse, rejoignant les rangs « sages » des « manif pour tous », ceux des « perturbateurs » jeunes nationalistes, ou ceux des catholiques fascistes de CIVITAS. Parmi elles, les familles catholiques « placées sous les commandements de dieu », comme celles des enfants de Riaumont (à Liévin) baignent dans la culture d’un fascisme politique, c’est-à-dire d’un fascisme qui cherche à accéder aux commandes de l’état français.
Les personnes homosexuelles ont un rôle à jouer pour les fascistes. Elles seront classées comme « inacceptables », elles seront ces « autres » contre lesquelles se forme l’identité irrationnelle d’un groupe uniforme. De fait, les personnes homosexuelles sont menacées pour ce qu’elles sont.
A VEAN, nous sommes pour que les personnes puissent évoluer dans une société dans laquelle elles peuvent vivre un amour véritable. L’amour n’est pas une question d’orientation sexuelle. Une telle société n’est possible que si l’on est débarrassé des fascistes. Nous soutenons les personnes homosexuelles dans leur souhait de fonder une famille aimante, contre les valeurs de la famille française bourgeoise et/ou catholique, qui est le ventre du patriarcat. Nous sommes prêtEs à nous battre au côté des personnes homosexuelles engagées dans une lutte à mort contre le fascisme.
Nous souhaitons un prompt rétablissement aux personnes blessées hier par les fascistes, en particulier celles qui travaillaient.

