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A PROPOS DU CHEVAL ET DE SA CONSOMMATION DANS LE NORD-PAS DE CALAIS
Le récent scandale findus a mis en lumière l’utilisation des chevaux comme « matière première » dans la production de viande. Une grande hypocrisie est au coeur de cette affaire, d’une part, les autorités faisant comme si les tromperies étaient extraordinaires dans le commerce de viande, et d’autre part les consommateurs rejetant la viande de cheval mais rafolant de la chair des boeufs. Dans le Nord-Pas de Calais, la consommation de viande de cheval est importante, elle représente 20% de la consommation française, et les producteurs misent sur une hausse des ventes, grâce à la crise. La satisfaction des besoins alimentaires est donc, du fait du capitalisme finissant, de plus en plus couteuse en vies animales, notamment en chevaux, alors même que de nombreuses voix s’élèvent contre la consommation de viande de cheval.
Les humains ont domestiqué les chevaux il y a environ 5000 ans, afin de l’utiliser pour leur force motrice. « Plus noble conquête de l’homme », il était omniprésent dans les campagnes du Nord-Pas de calais jusqu’au milieu du siècle dernier. Attelés pour tirer des engins agricoles ou des remorques, ils faisaient partie du capital des fermes. La valeur des fermes étaient d’ailleurs estimée selon la superficie des terrains arables et le nombre de chevaux disponibles. Les chevaux -comme les vaches- sont considérés par le code civil (l’ensemble des lois applicables à la propriété privée) comme des immeubles appartenant à la ferme. Aujourd’hui encore, dans le Nord-Pas de Calais, une demi-douzaine de professionnels utilise les chavaux « de trait » pour effectuer des travaux spécifiques tels que le débardage, le colmatage de cours d’eau ou les travaux en milieu forestier. Près de 60 000 ha de terres agricoles sont cultivées ou « valorisées » en exploitant des chevaux. D’un point de vue plus folklorique, une course d’attelages, dite « route du poisson » relie Boulogne-sur-mer à Paris en 24 heures, sur les traces de la route commerciale qui existait avant la généralisation du chemin de fer.
Dans le bassin minier, les chevaux ont fait partie du quotidien des mineurs jusqu’à ce que des machines soient plus performantes et viennent les remplacer. De nombreux poêmes, récits de mineurs ou histoires populaires ont pour base le respect de l’ouvrier « méneu d’quévaux » pour l’animal dont il avait la charge au fond. L’exploitation du cheval comme animal-machine peuple l’inconscient collectif, c’est un phénomène culturel.
La région compte également de nombreux centres équestres et plus de 35000 personnes ont une licence sportive liée à des sports équestres, au point que la région se classe troisième dans ce domaine. Le cheval est donc également massivement exploité pour le loisir.
La viande de cheval est consommée de manière traditionnelle dans la région. Elle est présente en steack, en saucisson, ou hachée… et se mange beaucoup en tartare avec des frites. Sur tous les marchés, un camion de boucher chevalin est présent, et la tradition veut que les enfants qui accompagnent le client se voit offrir une tranche de saucisson de cheval. C’est une des raisons pour lesquelles la région consomme beaucoup de viande « équine » : elle a le goût de l’enfance… Les gens qui mangent la chair des chevaux disent l’apprécier car elle serait tendre et sucrée, le glycogène présent dans les fibres des muscles du cheval, et qui lui permet de produire un effort ntense, donne le goût de glucose à sa chair.
Le scandale findus repose en partie sur le fait que des omnivores, qui mangent donc pourtant des animaux, refusent de manger des chevaux, et se sentent donc heurtés moralement. Bien sur cette tendance doit être encouragée par les vegan, car elle est favorable aux animaux, pourvu qu’elle se généralise. L’hippophagie a longtemps été un tabou, notamment a cause de son interdiction par l’église catholique. Ce n’est qu’au 19ème siècle, en pleine période d’exode rural, alors que la pression démographique est importante, qu’elle est encouragée. Sous la bénédiction de la SPA, Emile Decroix, vétérinaire militaire originaire du Pas de Calais, se fait promoteur de la conssommation des chevaux. Il pensait que manger la viande de cheval permettrait d’offrir une motivation aux propriétaires pour faire abattre les animaux avant qu’ils ne souffrent trop des conséquences du travail et de la vieillesse. Ainsi, manger de la viande de cheval apparaissait comme une mesure de protection des animaux. On trouve aujourd’hui un argument proche chez les éleveurs de chevaux de trait pour la boucherie qui affirme que sans eux, certaines races de chevaux auraient disparu, et qu’ils sont donc des défenseurs de la biodiversité. On voit ici une illustration de ce que les omnivores engagés dans la lutte contre une seule forme d’exploitation animale (corrida, chasse, hypophagie, élevages industriels, etc) ne peuvent mener à une action cohérente et sont donc condamnés à l’échec du point de vue des animaux.
Dans l’affaire Findus, ce qui a motivé les intermédiaires qui ont vendus la viande de cheval en faisant croire qu’il s’agissait de boeuf, c’est l’opportunité de réaliser un profit supèrieur. Faire du profit est la base même de l’entreprise capitaliste, la tromperie permet ici de réaliser un bonus. Cela est possible car la chair du cheval a une valeur marchande inférieure à celle du boeuf.
Le calcul est le même chez la personne qui se rend chez le boucher chevalin : elle sait qu’elle paiera le steak 20% moins cher. La crise fait que les gens ont moins d’argent et cherchent à réduire leurs dépenses, y compris dans le domaine de l’alimentation. La viande de boeuf est considérée comme un produit fini. Elle est la matière qui sort au bout de la « chaîne de montage » de l’éleveur, qui va de l’insémination de la mère, jusqu’au découpage de l’animal tué, en passant par l’engraissement du veau castré. Le boeuf n’a qu’une seule raison d’être, il est l’objet de l’attention de l’éleveur pour la finalité : la revente de son corps mort. Cela fait de la viande de boeuf une viande « noble ». Pour le cheval, la réalité est autre. Sa mort est la finalité d’une vie de travail : pour le loisir, l’agriculture, et par le passé pour l’industrie ou les transports. Le propriétaire décide de vendre l’animal qui ne lui rapporte plus suffisamment en vie. La chair du cheval est réputée moins noble, car elle est disponible en fait par dépit : faute de pouvoir continuer à sauter des obstacles, tracter un soc ou une charette, le cheval est mené à l’abattoir.
Voilà bien la réalité de la vie des chevaux que doivent accepter celles et ceux qui mangent des chevaux comme ceux des omnivores qui s’y refusent. C’est également ce que ne peuvent réfuter ces « amoureux du cheval » qui lui monte sur le dos toute sa vie. Le cheval est dompté, dominé par l’homme. Il est enfermé dans un box, puis sanglé et sellé pour être monté par ces « passionnés ». Et si la législation française permet au propriétaire de refuser que son cheval, vieux et fatigué, soit mené à l’abattoir, il faut admettre que celà concerne une minorité d’animaux. Car les chevaux appartiennent le plus souvent aux clubs équestres qui les exploitent et qui ne s’embarrassent pas d’offrir une retraite au calme pour leurs escalves d’hier. Monter un cheval, c’est participer à la filière industrielle de la « viande équine ».
L’affaire Findus, et plus généralement la question qui transparait, l’alimentation humaine reposant sur l’exploitation animale secoue les consciences. Deux catégories de réactions se dégagent : l’une ouvertement barbare et cynique, dans l’esprit typiquement français d’insensibilité à la question animale, l’autre, se voulant plus moderne, tend vers un altermondialisme qui s’avère compatible avec les idées fascistes.
Les cyniques viennent nous dire qu’il est indifférent que la viande utilisée soit celles de chevaux ou de boeuf. Nous sommes d’accord avec ce constat à la condition qu’on reconnaise que le meurtre d’un animal pour sa viande ne se justifie pas plus pour un boeuf qu’un cheval, une vie est une vie. Mais évidemment, les barbares concluent que la chair du cheval vaut bien celle du boeuf, et qu’il s’agit là d’une questions sans importance. Le cadavre d’un animal est pour eux de la viande, peut importe l’éspèce. Dans le sillage de ces considérations, on a vu se multiplier sur les réseaux sociaux des blagues gerbantes du style « l’homme qui murmurait à l’oreille des lasagnes ». Humour de beauf face à l’exploitation animale et grande passivité par rapport à la question de l’alimentation humaine de ce côté. De l’autre côté, des voix ce sont élevées, notamment au travers des réseaux de la soit-disant agriculture paysanne pour affirmer que le manque de traçabilité des viandes serait due à la mondialisation du commerce. Le bon capitalisme, le capitalisme local, artisanal, permettrait de garantir la qualité des « produits », en évitant les tromperies du style de celles de Findus. C’est la position défendue par Alain Duplat, président du syndicat des artisans-bouchers du Pas-de-Calais, notamment. Evidemment, cette position n’est pas tenable, les bouchers locaux se fournissant hors des frontières françaises pour les mêmes raisons que les industriels, c’est-à-dire acheter moins cher et maximiser les profits face à des gens qui recherchent une alimentation peu chère. Il faut être convaincu de la supériorité de la France, de la qualité intrinséquement meilleure de son « terroir », c’est-à-dire être nationaliste, ethno-différentialiste…raciste en somme, pour croire que le simple fait qu’un animal a été élevé, assassiné et démembré en France est suffisant pour rendre sa chair « meilleure » en quoi que ce soit.
La question pour les gens est de se nourrir de produits de qualité, de pouvoir vivre bien. Or, pour permettre de satisfaire les besoins alimentaires de tou-te-s sans exploiter les animaux, ce qui est la seule attitude réellement porteuse de progrès pour notre civilisation, on ne peut suivre ni la voie des cyniques, ni celle des capitalistes « locaux » ou des fascistes. Il faut produire la nourriture dans l’optique de satisfaire les besoins de tou-te-s, et non pour générer du profit. Autrement dit, il faut abattre le système capitaliste. Et, évidemment, il faut produire une alimentation végane, une alimentation qui exclut toute forme d’exploitation animale.
VENIR EN AIDE A NOS AMIS
ADOPTE UN…MODE DE VIE
« Adopte un mec« . Quand on est vegan edge, on se sent concerné par cette phrase qui sonne comme un appel à l’adoption. Adopter ou recommander l’adoption fait partie du quotidien de beaucoup de personnes veganes. Mais alors, il s’agit d’apporter notre soutien à des animaux non-humains en galère, de les accueillir, les soigner, les aider.
« Adopte un mec » est une formule inventée par des spécialistes de la communication et du marketing, afin de faire du business sur internet. Ils ont fait fortune en créant adopteunmec.com, qui est devenu le premier site de rencontre sur internet. Ils ont constaté que les femmes étaient submergées de sollicitations de la part d’hommes sur ce genre de sites. Ils ont eu l’idée de donner un « avantage » aux femmes en leur permettant d’accepter ou non de répondre aux hommes qui leur envoient des « charmes » qu’ils ont payés à l’entreprise qui gère le site. En fonction du contact qui suit, la femme décide d’adopter l’homme, ou pas.
Le côté commercial bien que commun à tous les sites de rencontre en ligne, évoque ici des images particulièrement horribles. L’animalerie. Le logo du site représente de manière stylisée une femme poussant un chariot, dans lequel elle peut mettre un homme. Des hommes sont donc disponibles à l’ »adoption« , exactement comme des animaux sont disponibles à la vente, maltraités, venant de traffics, arrachés à leur mère, drogués puis tués, dans les animaleries des centres commerciaux. Bien sur, la comparaison s’arrête là, les seules véritables victimes innocentes sont les animaux non-humains des animaleries. Car les mâles humains sont volontaires, et paient pour être proposés à l’ »adoption« . Il n’empêche que ce site participe à la banalisation des achats « coup de coeur » d’animaux dans les animaleries. « Adopter‘ ou « acheter« , il n’y aurait pas de différence, il n’y aurait pas plus de responsabilité dans un cas que dans l’autre. On se balade dans les rayons, on pioche, on consomme, et puis on jette. Ceux qui ne sont pas adoptés, sont des marchandises de rebut. Les pas mignons, les trops grands, les trop vieux, les handicapés n’ont pas leur chance à l’adoption!
C’est exactement le fonctionnement inverse des réseaux animalistes, des vegan, de celles et ceux qui agissent pour les animaux : les ami-e-s des galgos, des animaux agés, des animaux abandonnés, sauvés, libérés. Adopter un animal c’est aller contre le darwinisme social qui s’enracine dans la société et qui veut que certaines vies sont considérées inutiles, bonnes à détruire.
Revenons au site internet. Une fois « l’adoption » faite, la femme et l’homme forment donc un couple. Quelle qualité a leur relation? Près de 400 000 abonnés paient l’accès au site, et plus de 550 000 personnes ont téléchargé l’application pour leur téléphone. C’est un nombre colossal. C’est évident, les personnes qui fréquentent le site vivent des relations éphémères, multiples et surement simultanées.
En tant que straight edgers, on n’a donc rien à faire sur ce genre de sites!
Car enfin, même si les personnes qui sont adeptes de ce genre de sites de rencontre sont consententes pour des relations « sans prise de tête« , et n’ont donc pas la volonté d’abuser des autres, il s’agit quand même de consommer. Consommer du partenaire, consommer du sexe.
Tout cela est à l’image de la société capitaliste responsable de la destruction industrielle de la vie. On agit dans l’insatisfaction permanente de ce que l’on a. On veut plus, on veut du différent, on veut du nouveau. On agit sans respect pour des partenaires-jetables. On a une sexualité de consommateur, faussement libérée, accumulatrice.
Comme tout un chacun, une personne vegan edge ignore combien de temps la relation amoureuse dans laquelle elle est engagée va durer. Chaque chose a une fin, il n’aurait aucun sens de promettre l’éternité. Mais être vegan edge, c’est refuser la fausse liberté qui prend souvent la forme de la facilité. Dans tous les aspects de la vie : c’est ne pas céder à la facilité de l’exploitation animale, ne pas céder au faux confort des drogues, ne pas céder au sexe pour le sexe sous prétexte que c’est possible. Etre vegan edge, c’est refuser une vie d’accumulation de frustrations et de violence. Ce n’est pas être quelqu’un de meilleur, mais c’est vouloir une vie meilleure, mieux remplie.
Libère-toi, Adopte le mode de vie vegan edge!
FRAGILES OISEAUX
MISE AU POINT A PROPOS DE NOTRE CITATION DE BENTHAM
Avant-hier nous avons publié, sans commentaire, une citation de Bentham. Il est nécessaire de revenir sur cette publication, et de donner des explications, car nous voulons être bien compris.
Nous avons eu tort de publier une phrase d’un auteur que nous ne connaissons pas, et, il faut l’avouer, hors contexte, car nous l’avons recopiée d’une brochure animaliste.
Nous sommes mobiliséEs pour la cause animale parce que les animaux sont des êtres sensibles qui souffrent individuellement et collectivement du sort que leurs font subir les humains, en particulier dans le cadre de la société capitaliste. Nous sommes d’accord avec Bentham en ce sens : les animaux souffrent. Ceci étant, il est évident pour nous que les animaux peuvent raisonner, et il est certain qu’ils peuvent parler entre individus d’une même espèce voire au delà de leur espèce. Ces faits sont prouvés par la science et toute personne sensible ayant observé des animaux en groupe ne peut qu’être convaincue de cela.
Bentham a donc tort, et nous le savions en reprenant la citation. Mais Jérémy Bentham (1749-1832) a l’excuse d’être d’un autre siècle, d’une époque historique moins avancée scientifiquement que la notre.
Mais alors, pourquoi avoir cité cette phrase, si Bentham a tort?
La réponse est que nous avons compris la chose comme cela : il n’est pas nécessaire d’avoir la certitude qu’un animal puisse raisonner, il n’est pas nécessaire d’être convaincu qu’un animal puisse parler, pour s’abstenir de le faire souffrir. Car tous les animaux sont des êtres sensibles à la douleur, qu’elle soit morale ou physique.
Trop de personnes, y compris parfois dans le milieu militant, ne sont révoltées que parce que les animaux opprimés, emprisonnés, torturés et assassinés ont des caractéristiques humaines. Pour ces personnes, tel animal est digne d’intérêt (à l’exclusion d’un autre) parce qu’il est d’une intelligence rare, ou parce qu’ »il ne lui manque que la parole ». Combien d’opposants à l’hippophagie mangent-ils la chair du poulet? Combien d’opposants à la corrida chassent-ils les mouches chez eux à grands coup d’insecticide?
Nous avons été touchéEs par cet argument de Bentham : la souffrance existe, même chez les animaux qui nous semblent éloignés de l’espèce humaine. Mais là encore, à bien y réfléchir, nous avons eu tort.
Et c’est Bentham qui nous a mis dans le mur.
Jérémy Bentham est un penseur, et il a inventé un courant de pensée appelé « utilitarisme ». Pour ce courant de pensée, toute chose doit être jugée en fonction des conséquences qu’elle a. Une chose est positive, ou négative, non pas en elle-même, mais en fonction des conséquences qu’elle a. Si on applique ce principe à la cause animale, la mise à mort d’un animal doit être évaluée en fonction des conséquences qu’a l’acte de mise à mort. On se trouve alors à entrer dans les considérations sur la souffrance de l’animal, comme cela était le cas il y a quelques mois avec le débat autour de l’abattage rituel des animaux. Si on suit la logique utilitariste de Bentham, le fait de tuer un animal est plus acceptable sans souffrance. C’est cette idée de Bentham qui a inspiré le courant « welfariste » qui cherche à réduire les souffrances des animaux.
A VEAN, nous voulons la liberté pour les animaux!
La nature a une valeur en elle-même. Les animaux ne méritent pas notre respect parce que dans le cas contraire, ils souffrent. En réalité, les animaux doivent être respectés car ils sont vivants.
Il faut corriger la citation :
La question n’est pas :
peuvent-ils raisonner ?
ni : peuvent-ils parler ?
ni même : peuvent-ils souffrir ?
mais : sont-ils vivants ?
COMBATS DE COQS, LA MAIRIE DE LAVENTIE ANNULE
Nous l’avons signalé, la ville de Laventie voulait organiser des combats de coqs dimanche, dans le cadre des journées du patrimoine. Depuis la parution de notre article, les évènements se sont précipités : une association a cherché à faire interdire les combats devant les tribunaux. La Préfecture ayant renoncé à autoriser le rassembelement d’animaux, l’évènement est finalement annulé, faute d’autorisation « sanitaire ».
L’association Oscar et Pilitte, soutenue dans son action par la fondation Brigitte Bardot, avait choisi la voie légale pour tenter d’empêcher les combats de coqs. Le tribunal administratif de Lille a rendu sa décision vendredi : les combats auront lieu.
L’association Oscaar et Pilitte (enregistrée en préfecture d’Arras, maais dont le siège social est situé dans les Yvelines) a connu un échec. Son argument, purement juridique, est qu’il faut restreindre les autorisation de combats de coqs aux seules communes dans lesquelles il y a une tradition forte, sans interruption. C’est ce que dit la loi de juillet 1964. Ils ont donc insisté sur le fait qu’il n’y a plus de combats de coqs à Laventie depuis de nombreuses années. Les juges n’ont pas trouvé l’argument suffisant.
Echec juridique. Mais il s’agit surtout d’un lourd échec vis-à-vis des animaux qui sont conddamnés à mort. Car sans la décision de la Préfecture, qui use d’un prétexte pour refuser la tenue de l’évènement, le sang des coqs aurait coulé.
En fait, il n’est pas étonnant qu’une association liée à la Fondation Brigitte Bardot ne condamne pas dans son ensemble la tradition barbare des combats de coqs. En défendant l’application stricte de la loi du 8 juillet 1964 qui rend excetionnelles les autorisations de combats de coqs, l’association Oscar et Pilitte défend la tradition des coqueleux du Nord-Pas de Calais.
Les authentiques amiEs des animaux sont coincéEs. D’un côté, les beaufs réactionnaires et l’extrême droite identitaire méprisent la vie et défendent la tradition des combats de coqs à tous prix. De l’autre côté, les associations de protection animale qui focalisent, pour la forme, sur des détails, en attaquant ni les traditions françaises barbares, ni l’industrie de l’exploitation animale.
Pour sortir de cette impasse, la solution est d’adopter un mode de vie sans cruauté, le mode de vie vegan straight edge. Pour cela, il faut assumer sa préférence pour la vie contre la tradition nationale ou régionale, ce qui implique notamment de rompre tout lien avec la Fondation Brigitte Bardot et ses positions een faveur de l’extrême droite.
Le minimum est de soutenir les groupes de protection des animaux qui veulent l’annulation de la loi de 1964. Les combats de coqs seront ainsi interdits partout. Mais cela n’a pas de sens si on ne milite pas contre l’industrie agroalimentaire qui exploiitent les poules pour leurs oeufs, et les oiseaux dits « volailles » pour leurs plumes et leur viande.
A LAVENTIE, LE COMBAT DE COQ A LA JOURNEE DU PATRIMOINE
Les journées du patrimoine ont lieu le week end prochain. C’est une bonne occasion d’accèder, le plus souvent gratuitement, aux oeuvres d’art des musées, aux bâtiments historiques, et à des lieux habituellem ent fermés au public.
A Laventie, petite ville située entre Béthune et Armentières, la mairie profite des journées du patrimoine pour organiser un évènement barbare issu de la tradition régionale. Dimanche, à la salle des fêtes de Laventie, un gallodrôme sera installé, et des coqs se battront à mort pour le plaisir des coqueleux, et pour le profit des parieurs.
Les races de coqs de combat sont sélectionnés pour leurs aptitudes physiques. les propriétaires les font naître et les élèvent dans le seul but de les faire combattre. Le combat est généralement de courte durée, avant les 6 minutes règlementaires, l’un des deux coqs est souvent à bout de force. Les morts sont fréquents. Il faut dire que les ergots sont sciés pour être remplacé par un aiguillon de métal qui permet d’infliger des bléssures plus nettes, d’abréger le combat, le rendant ainsi plus spectaculaire.
Les organisateurs de combats se défendent de toute barbarie. Ils vont même jusqu’à prétendre que les coqs sont violents par nature. En réalité, les poules sont des animaux sociaux qui forment des groupes hièrarchisés comptant parfois plusieurs dizaines d’individus. Les mâles se disputent la domination du groupe, et les combats sont d’autant plus violents que l’espace est restreint et le nombre de femelles petit. Donc, si les combats entre coqs peuvent être des combats à mort, il est faux de prétendre que cela est systèmatique : c’est l’élevage et la captivité qui augmentent l’aggressivité des coqs.
Les combats de coqs font partie de la tradition régionale d’exploitation des animaux. Tu parles d’un patrimoine!
Il est juste, en tant que personne vegan, de chercher à faire disparaître ces actes barbares. La loi du 8 juillet 1964 qui a rétali l’autorisation de pratiquer les combats dans les lieux à tradition locale ininterrompue est réactionnaire, puisque ces combats avaient été interdits en 1963. Cette loi doit donc être annulée, sous la pression des personnes progressistes.
Mais la mobilisation contre ce genre d’évènements sanglants et spectaculaires ne doit pas nous faire perdre de vue les centaines de millions de poulets, de chapons, de poules, de dindes, de canards et de pintades « produites » pour constituer les tonnes de viande de volaille dont l’Institut Technique de l’Aviculture fait ses statistiques.




