LE SYSTEME DE L’EXPLOITATION ANIMALE S’ETEND A HERVELINGHEN

Cette semaine, encore de révoltantes nouvelles dans la région pour la vie des animaux, des vaches en l’occurence. Le tribunal administratif d’Amiens rend un jugement qui valide le permis de construire déposé par Ramery et qui confirme donc que la « ferme » des 1000 vaches fonctionnera prochainement. A Hervelinghen, près de Calais, les habitants s’organisent contre la création d’un élevage de 200 veaux « à viande ». Tout cela repose sur un système qui s’étend toujours plus, celui de l’exploitation des animaux.

Comme face à l’usine à méthane de Ramery, la mobilisation à Hervelinghen est avant tout une contestation de riverains. Ils dénoncent l’agrandissement d’une ferme, qui prendra la forme d’une véritable ferme-usine. Contacté par le journal Nord Littoral , le maire du village lui-même est opposé  : « Depuis des années, Hervelinghen a acquis une image de village touristique avec l’installation de chambres d’hôtes et de gîtes ruraux, et voilà maintenant que la préfecture et la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) nous mettent une exploitation agricole en plein centre-ville alors qu’à une époque, on nous demandait le contraire. C’est du non-sens  ».

Comme pour l’installation de l’usine de Ramery, la « modernisation » de l’exploitation de Hervelinghem se fait avec un appui évident de l’Etat. Une dérogation de la préfecture du Pas de Calais est décidée pour que 200 veaux puissent être concentrés et engraissés dans le village.
L’exploitation des bovins est un secteur important de l’industrie française et l’appui de l’Etat est jugé indispensable pour moderniser les entreprises face à la concurrence venant d’autres pays.
Pour faire face à cette concurrence, il faut améliorer les résultats économiques. Comme on l’entend dans toutes les usines, « il faut plus de rendement », « il faut augmenter la productivité » ! En clair, le capitalisme impose moins de fermes avec plus de vaches.

Le journal économique Les Echos du 28 février annonce froidement : « Pour cesser de se faire distancer par l’Allemagne, leader européen du lait, la France n’a d’autre choix que de poursuivre le douloureux mais salvateur mouvement de concentration de ses fermes. »  C’est contre ce mouvement que la Confédération Paysanne rejoint les collectifs de riverains opposés  aux projets de fermes-usines. Mais l’Etat joue son rôle au service de l’industrie, il nie les arguments gentillets, se moquent des pétitions, des recours administratifs… l’administration, c’est l’Etat !
De toutes façons, les économistes sont clairs : « C’est la voie à suivre en France et elle ne signifie pas forcément moins d’éleveurs, mais des éleveurs cogérant des unités de centaines de vaches laitières, concentrées dans les trois seules grandes régions de collecte et de transformation que sont la Bretagne, la Normandie et le Nord - Pas-de-Calais »

Le rêve égoïste du français moyen avec son pavillon dans une campagne tranquille proche de la ville, c’est mort ! Le mythe d’une agriculture raisonnable de gentils petits « paysans » vivant d’une exploitation soit-disant respectueuse des animaux qu’ils torturent, foutu !
Faute d’une perspective de combat cohérent, ces gens sont voués à sombrer dans le pseudo anti-capitalisme va-t-en-guerre des identitaires ou de Marine Le Pen.

Selon les chiffres de février du ministère de l’agriculture, alors qu’en décembre 2013, la collecte de lait de vache progresse de 2,1 % par rapport au mois de décembre 2012 globalement en France, elle augmente de 6,1 % dans le Nord-Pas-de-Calais.
Pendant que certains s’affolent pour leur qualité de vie, c’est donc de plus en plus d’animaux qui paient le prix pour des humains préoccupés que par eux-même.

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BOULOGNE : LES PECHEURS UTILISENT LA CAUSE ANIMALE POUR PROTEGER LEUR CORPORATION

Les poissons sont des animaux vertébrés, entre leurs organes, certaines informations circulent sous la forme d’impulsions électriques. Quand on met en contact un courant électrique avec le corps d’un idividu vertébré, les informations qui parcourent son corps sont perturbées, provoquant des douleurs et causant des dégâts, c’est le principe du tazer et de la chaise électrique.

Certaines techniques de pêche utilisent aussi l’électricité. Il s’agit d’émettre dans l’eau un courant électrique qui paralyse les poissons ou qui les tue, selon l’intensité du courant et la salinité de l’eau. Cette technique est autorisée par l’UE. Près de nous, des chalutiers néerlandais sont équipés pour cette pratique.
Olivier Leprêtre, président du comité régional des pêches est intervenu dans la presse pour marquer l’opposition des professionnels de la pêche à l’electrofishing.
Voix du Nord titre : « le chalut à impulsion électrique fait éclater le dos des poissons ». Les pêcheurs français refuseraient cette pêche car elle est violente. C’est un fait, foudroyer littéralement des êtres vivants est un acte brutal. Mais bon, les pêcheurs sont habitués à la brutalité contre les animaux. C’est la base de leur business. La pêche au chalut revient à pièger des animaux et les trainer sur des kilomètres jusqu’à ce que le filet soit plein. Beaucoup de poissons meurrent dans l’eau, d’avoir été stressés, ou écrasés contre leurs congénères. La plupart ont une partie des chairs à vif pour avoir été écaillés vivants, et ceux qui survivent à cela sont condamnés à suffoquer hors de l’eau, « noyés dans l’air » en quelque sorte.

Les pêcheurs boulonnais reprochent à l’UE de mettre en péril les populations de poissons, la « ressource halieutique ». D’après un rapport récent de la FAO, toutes espèces confondues, près de 80 millions de tonnes de poissons ont été pêché en 2010. Les poissons sont des marchandises. Olivier Leprêtre peut bien dire ce qu’il veut, il n’est envisageable pas que les populations de poissons soient gérées par les pêcheurs. Leurs revenus dépendant directement du nombre de poissons massacrés, il est inconcevable qu’ils jouent un rôle de protection des animaux. Même dans un esprit de gestion des stocks ils ne sont pas crédibles, car, quand on vit près d’un port de pêche, on sait bien qu’une partie de la pêche est souvent non-déclarée et est vendue « au black »…

Ni militants de la cause animale, ni même gestionnaires, la véritable nature des pêcheurs est celle des petits commerçants qui cherchent à protéger leur business.
C’est ce qui ressort clairement de cette question de l’electrofishing. Les pêcheurs du Nord-Pas de Calais considèrent que les Hollandais leurs font une concurrence déloyale. A les croire, pour la dignité de la condition des poissons, il faudrait choisir le brave pêcheur français et son chalut « unplugged » contre la violence du chalut électrique du Hollandais barbare… C’est le drapeau bleu-blanc-rouge qu’ils sortiront bientôt pour défendre leur corporation contre les règles imposées par l’UE, comme ils l’ont fait notamment lors de la venue de Marine le Pen en 2011.

La question du bien-être des animaux est souvent un prétexte pour embarquer les gens qui aiment les animaux dans la défense des intérêts particuliers d’humains, qui se fichent des animaux, voir qui les tuent, comme c’est le cas avec les pêcheurs de la région.
Les nations animales qui peuplent les mers et les océans subissent les assaults toujours plus meutriers de la part des indistriels de l’agroalimentaire. Pour défendre ces innocents, le mode de vie vegan doit se généraliser, les êtres humains doivent relâcher l’emprise qu’ils ont sur la vie marine.

Il n’y a pas d’alternative. GO VEGAN !

21 Avril 2013 sur la route entre Hasnon et Millonfosse - Jeune wallabi décédé, vraissemblablement renversé par une auto. (merci à Mary pour la photo)

21 avril 2013 sur la route entre Hasnon et Millonfosse – Jeune wallabi décédé, vraisemblablement renversé par une auto. (merci à Mary pour la photo)

A HASNON LE WALLABY N’EST PAS CHEZ LUI

« Bibi est rentré chez lui. »

C’est comme cela que la presse conclut le feuilleton, triste à nos yeux, qui a débuté au début de la semaine dernière à Hesnon, à côté de Saint Amand les Eaux. Bibi est un wallaby de Bennett mâle de trois ans qui s’est enfui de l’enclos dans lequel il vivait.

Le propriétaire de la société immobilière qui gère le lieu a porté plainte pour vandalisme. Dans la nuit, une ouverture a été faite dans la clôture et des intrus ont volé un sac de pommes et des céréales destinés aux animaux. C’est donc involontairement que le wallaby a été libéré. Il ne s’agit donc en aucun cas d’une action de libération animale. La libération animale suppose que l’intérêt des animaux est au centre de l’action. Il ne s’agit pas de couper quelques fils barbelés, mais de prendre en charge les animaux jusqu’à ce qu’ils puissent être libres, dans un sanctuaire. Ici, les animaux ont été tout bonnement ignorés, ils pouvaient sortir, quitte à être accidentés ou tués.

La crainte du propriétaire était justement que le wallaby aille sur la route et cause un accident. Car il prétend aimer « ses » wallabies. Il évoque à la TV locale qu’il est touchant d’observer les petits nichés dans la poche de leur mère, que c’est par intérêt pour ces animaux qu’il les détient en captivité…C’est donc la passion qui l’aurait poussé à développer ce qu’il faut appeler un élevage de wallabies dans le Nord.

C’est une logique de vivisecteur, proche de celle qui a motivé les « soigneurs » du zoo de Copenhague à assassiner le girafon Marius. On s’intéresse à une espèce de manière abstraite, en la coupant de son milieu naturel, on néglige les individus, leurs sensations, leurs volontés. Dans le cas de Marius, on nie la valeur de sa vie jusqu’à le tuer, dans la cas de Bibi, on nie sa digité au point de considérer qu’il est chez lui à Saint Amand les Eaux…

Nous aimons les animaux, nous reconnaissons la valeur de chaque vie. Il nous est insupportable de voir les images d’animaux originaires d’Océanie qui piétinent dans la boue autour d’un étang dans le Nord de la France. Nous appelons à la libération de tous les wallabies (comme de tous les animaux captifs), pour que ces animaux soient emmenés là où ils pourront être chez eux, c’est-à-dire libres dans leur milieu naturel.

POUR DEFENDRE LES RENARDS, NOUS AVONS BESOIN DE NOUS INTERPOSER PHYSIQUEMENT

Les « ch’ti fox days » ont eu lieu cette semaine dans le Nord. Aujourd’hui, c’est le dernier jour de ce méprisable « festival » consacré au massacre des renards roux, mais les renards seront persécutés toute l’année!
De nombreuses voix se sont exprimées des derniers temps contre cet évènement rigoureusement légal et légitimé par l’arrêté du Préfet encadrant la « destruction des espèces nuisibles« . Des personnes se sont indignées dès que l’évènement a été relayé par la presse, on a rédigé des commentaires sur les réseaux sociaux, fait curculer des pétitions… Une manifestation a même rassemblé plusieurs centaines de personnes samedi dernier à Lille à l’appel d’associations. Toutes ces initiatives mises bout à bout, ce sont donc plusieurs milliers de personnes qui se sont mobilisées pour la défense des renards dans le Nord. Il faut considérer que la réaction des amis des animaux a été une réussite, même si cela ne change rien du point de vue des renards, qui auront été impitoyablement traqués et mis à mort.

Pas très loin d’ici, d’autres amis des renards agissent pour les sauver du massacres, avec un mode d’action différent du style urbain, centralisé et légaliste qui fait cortège en France. A 50 km du Nord-Pas de Calais, il y a le Kent, un comté d’Angleterre, au Royaume-Uni.
Les britanniques ont une grande tradition de défense des animaux, le végétarisme y est pratiqué de longue date et le pays compte des millions de personnes veganes. Ces gens se sont groupés en associations pour faire avancer la cause des animaux.
Les anglais sont aussi des chasseurs. On distingue deux pratiques : « hunting » c’est-à-dire la chasse à courre et « shooting » qui est la chasse au fusil ou à l’arc. La chasse est très contestée, dans toutes les régions anglaises (et même dans tout le royaume) y compris à la campagne.
Les opposants à la chasse s’organisent autour de deux types d’association. D’un côté, les associations dites « non-interventionnistes » pratiquent les manifestations, les mobilisations de l’opinion publique au travers de campagne de presse, sur internet, par le lobbying. De l’autre côté, les associations « interventionnistes » s’interposent physiquement entre les chasseurs et les animaux.
Cette dernière pratique, dite de « hunt sabotage » (sabotage de chasse) est menée par de petites associations très locales fédérées en une « hunt saboteurs association » nationale qui officie depuis… 1963!

Grace à l’action menée sur deux fronts par les défenseurs des animaux, de la wildlife, contre la chasse, de nombreuses victoires ont été remportées. L’une des plus écrasantes est celle qui a abouti à l’interdiction de la chasse au renard, en 2005. Pourtant, cette pratique est une tradition fortement ancrée en Angleterre, où elle est liée aux privilèges de l’aristocratie. Il est évident que l’Etat a du céder face à la mobilisation populaire qui permettait chaque semaine de faire couler les petites entreprises évènementielles que sont les campagnes de chasse.
Aujourd’hui les sabs poursuivent les chasseurs qui organisent, illégalement donc, des chasses aux renards. Ces personnes espionnent les chasseurs, repèrent les terriers des renards, divertissent les chiens de meute -à coup de calins et de galipettes- brouillent les pistes, bloquent l’avancée des chasseurs en arrêtant les chevaux. Ils s’interposent aussi parfois durement aux « terriermen« , qui sont chargés de creuser des ouvertures dans les galeries des terriers pour arracher les renards hors de leur abri, pour les livrer aux chiens éduqués pour tuer.

L’expérience des amis des renards en Angleterre est riche d’enseignements pour les vegans du nord de la France, même si évidemment il serait inefficace d’en transposer le modèle. Les manifestations contre les massacres des renards, les pétitions et les courriers aux Préfets permettront peut-être un jour d’obtenir leur interdiction. L’exemple anglais nous montre qu’il faudra de toutes façons un engagement personnel, une implication de l’ordre du « don de soi » pour défendre les animaux sur le terrain, c’est-à-dire entre la pelle et le terrier, entre le fusil et le pelage.

LA DISPUTE – SAFER IN THE FOREST / LOVE SONG FOR POOR MICHIGAN

La Dispute est un groupe originaire de Grand Rapids dans le Michigan aux USA. Leur musique est un hardcore-screamo de grande qualité, tant musicalement qu’au niveau des textes qui peuvent être très poétiques. Le groupe ne revendique pas l’appartenance au mouvement vegan straight edge, même si al plupart des membres sont vegan et straight edge.

Cette posture est critiquable, en particulier au USA, puisque de nombreuses personnes sont emprisonnées pour leurs activités contre l’exploitation animale et/ou pour la libération de la Terre. Le soutien culturel au mouvement revêt donc une importance cruciale dans ce pays.

Néanmoins, nous avons choisi de présenter ce groupe au travers d’un de ses titres qui nous parle en tant qu’habitants du Nord Pas de Calais. Cette chanson, intitulée Safer In The Forest / Love Song For Poor Michigan, que nous avons traduit par plus en sécurité dans la Forêt / chanson d’amour pour le pauvre Michigan est parue en 2011 sur l’album Wildlife.

Le Michigan est un état situé au Nord des Etats-Unis, à la frontière avec le Canada, dans une région de grands lacs, de rivières et de forêts. Après les premiers temps de la colonisation faits de commerce de fourrure et de déforestation, les activités humaines qui ont façonné le territoire sont l’agriculture, notamment la polyculture et l’élevage, l’exploitation de mines de gypse et aussi l’automobile. Le Michigan est un Etat pauvre avec un chômage fort et beaucoup de désillusions.

Le point commun que nous voyons entre ce qu’exprime le texte réaliste de cette chanson et notre vie de ch’ti, c’est le manque de perspective. Beaucoup d’entre nous perdent l’espoir d’une vie heureuse et baissent les bras, sombrant alors dans la déprime, le cynisme et les drogues. Le narrateur de la chanson, lui, prend la fuite pour le pas sombrer, tout en regrettant d’abandonner les siens, travailleurs sans emploi.

Notons qu’à la fin de la lettre, le mot « Tuebor » est repris du sceau officiel de l’Etat du Michigan et signifie « je défendrai ».

 I’ve been watching a slow thaw come around.
I’ve been waiting in the cold and hazy blue.
I’ve been driving alone out to the edge of town.
I’ve been thinking too much of you.

Last snowfall left splinters and some winters never end;
neither wane nor wear.
And sunshine is like lovers and some summers just pretend;
only warm the air.
It’s that I’m tired of the feeling here.
It’s too near to death, it’s too jobless year-round.
It’s not the weather in the city or the highway moan.
Not the streets or the buildings, neither wooden nor stone.
Every reason to leave this place behind, why I should be alone,
Are made of flesh and bone.

I’ve been thinking of exile.
I’ve been thinking hit the highway and head up North.
I’ve been thinking cross the bridge and don’t turn back.
The only warmth is a warmth alone.

He packed up, took 75 northbound to a brand new life and
Waved goodbye to the world in the rearview mirror.
Saw it clearer in hindsight,
The shape of its skyline traced in a flame from the windows ablaze,
The people restless and the streetlights glowing like
Many beacons in the sea or like a lantern lit
For the ones still lost out in the dead of the night.
Like lightning striking darkness once, no thunder, no pain.

Have you ever watched a slow thaw come around?
Have you waited in the cold and hazy blue?
There’s an airport there out near the edge of town.
I’ve been thinking too much of you.

Settled in that still forest like another phantom
or another shadow cast by choice.
A noiseless chorus blows through the leaves and trees
and brings a peace at last
From a place where the song kept changing
just when he was starting to get it.

When he was starting to trust there’d be a day
he’d find a way to keep the rust at-bay,
There’d be a day he’d find a hum to help him muffle the past.
Like thunder underwater, he hears it fading
and feels no pain at all.

To a Boring, Desperate City,
It’s been weeks since I’ve been around you.
Has the fear begun to fade away like sunlight
when it sinks into the lake?
Are they now building up, or breaking down
and boarding up the fronts?
Has the whole town been foreclosed now?
And what happened to those youthful dreams
sunk deep in the river weak?
Or got tangled up in weeds or else they’re stumbling drunk
on Wealthy Street? Or making plans to leave?
I need to leave. I can’t marry this place.
I won’t bury the past. I just need a change of scenery.
I will hold these old streets sweetly in my head like her.
And I will praise their bravery always and again.
Let tongues confess the plague of joblessness
a temporary illness.
Let us wave their flag from there to here then over
and again and let us hope for better things

We will
Your desperate friend,  rise again from ashes one day.or, my home!

Your desperate friend,
Until then, just roll me away
I need to leave but swear I will carry you in me until the end.

So, Tuebor, my home!

Your desperate friend,

 

 

J’ai contemplé le dégel venir avec lenteur.
J’ai attendu dans le bleu froid et brumeux.
J’ai roulé seul jusqu’à la sortie de la ville.
J’ai pensé trop à toi.

On voit des restes de la dernière chute de neige, certains hivers ne finissent jamais ;
Ni diminution ni usure.
Et les rayons du  soleil ressemblent aux amants, certains étés font juste semblant;
Seulement réchauffer l’air.
C’est cela je suis fatigué de cette sensation.
C’est trop proche de la mort, c’est trop de chômage toute l’année durant.
Ce n’est pas le climat dans la ville ou la rumeur de l’autoroute.
Pas les rues ou les immeubles, ni de bois ni de pierre.
Chaque raison de laisser cet endroit derrière moi, ce pourquoi je devrais être seul, est faite de chair et d’os.

J’ai pensé à l’exil.
J’ai pensé : trace la route et prends le Nord.
J’ai pensé : passe le pont et ne te retourne pas.
La seule chaleur est une chaleur solitaire.

Il a fait son sac, a pris la route 75 en direction du nord pour une vie toute neuve et
Fait un signe d’au revoir au monde dans le rétroviseur.
L’a vu plus clair avec du recul,
La forme de sa ligne d’horizon tracée dans une flamme des fenêtres illuminées,
Les gens agités et les réverbères rougeoyant comme
les lignes de balises en mer ou comme la lueur d’une lanterne
Pour ceux qui sont toujours égarés dans la nuit sans vie.
Comme l’éclair triomphant une fois de l’obscurité, pas de tonnerre, pas de peine.

Avez-vous jamais observé le dégel venir avec lenteur ?
Avez-vous attendu dans le bleu froid et brumeux ?
Il y a un aéroport là tout près au bord de ville.
J’ai pensé trop à toi.

Installé dans cette forêt paisible comme un autre fantôme ou une autre ombre jetée là par choix.
Un choeur silencieux souffle dans les feuilles et les arbres
et apporte une paix enfin
D’un endroit où la chanson a commencé à changer
juste quand il commençait à la savoir.

Quand il commençait à avoir confiance dans le fait qu’il y aurait un jour où
Il trouverait un moyen d’empêcher la rouille de s’étendre,
qu’il y aurait un jour où il trouverait un bourdonnement pour l’aider à faire taire le passé.
Comme un coup de tonnerre sous l’eau, il entendrait le son étouffé
et n’éprouverait plus aucune peine.

À une Ville Ennuyeuse et Désespérée,
S’en sont passées des semaines depuis que je te tourne autour.
La peur a-t-elle commencé à s’évanouir comme la lumière du  soleil quand il sombre dans le lac ?
Sont ils en train de bâtir, ou de s’écrouler
et de murer les vitrines ?
La ville entière est-elle déchue maintenant ?
Et qu’est arrivé à ces rêves pleins de jeunesse
coulés au fond de la rivière ?
Ou sont-ils emmêlés dans les herbes folles ou bien trébuchent-ils, ivres d’alcool sur Wealthy street ? Ou en train de faire des projets de partir ?
Je dois partir. Je ne peux pas épouser cet endroit.
Je n’enterrerai pas le passé. J’ai juste besoin d’un changement de décor.
Je garderai tendrement ces vieilles rues dans ma tête comme elle.
Et je louerai leur courage encore et toujours.
Laisse les langues confesser le fléau du chômage, une maladie provisoire.
Laisse-nous agiter leur drapeau inlassablement de là à ici et laisse-nous espérer de meilleures choses

Nous nous lèverons des cendres un jour.
D’ici-là, je me laisse rouler au loin
Je dois partir, mais je jure que je te porterai en moi jusqu’à la fin.

Ainsi, Tuebor, mon chez moi!

Votre ami désespéré,