LINHA DE FRENTE – ALERTA

 

Je combats l’ennemi face à face
Utilisant toutes mes forces pour vaincre

Contre la division, la décadence de la morale
Contre la tendance à l’agression sexuelle

La forteresse est en ruine

S’ensuit l’alerte
Opportune
Le face à face avec l’ennemi

Dans de pénibles luttes
à la recherche pour une révolution
Morale

Monte sur les ruines des forteresses

Courage, courage
Contre
Le déclin moral
Par les mains
Armées ou non
Grâce l’enseignement oral
Foi
Et l’espoir

Purifie ton esprit
Renforce ta conscience
Éduque ta personnalité

Purifie ton esprit

En vue de te libérer du cycle de l’ignorance
SAns le sang des innocents sur les mains
Les cris font écho de tous les côtés

Toi aussi fais écho de ces cris :
Vegan straight edge
Vegan straight edge…

ASSOCIATION « VIANDES BIO D’ICI » : POUR QUOI FAIRE ?

il faut se rendre à l’évidence. « bio », cela ne veut rien dire. L’exemple local de l’association « viande bio d’ici » nous montre que le bio ne tient pas cette promesse d’être un mode de production alternatif. En réalité, les « 1000 vaches » et « viandes bio d’ici » sont aux deux extrémités de l’industrie agroalimentaire. Mais ils ne sont pas différents dans l’essentiel, car ils sont de plain pied dans l’exploitation animale.

mures en sous-bois. Aix-Noulette, Août 2014

mures en sous-bois. Aix-Noulette, Août 2014

Le bio est à la mode. Certaines personnes pensent que le bio est une alternative aux inconvénients de agro-industrie. Il y a même des « écolo » pour penser cela. Le label « bio » serait un choix éthique, acceptable du point de vue de la planète. Certains producteurs agricoles, genre « néo-paysans » en mode décroissant, tentent de faire vivre une telle alternative, parfois même de bonne foi.
Il y aussi des amis des animaux, soit-disant végan, qui vantent le « bio » comme étant plus respectueux de la planète et des animaux. Mais comment cela pourrait-il être le cas alors qu’il existe des viandes bio?

Une association régionale a lancé une campagne de communication cette semaine sur le thème : « manger régional et bio, pour les amateurs de viande aussi c’est possible! » Elle s’appelle « viandes bio d’ici« , tout un programme… Son objectif est de « commercialiser dès janvier 2015 de la viande issue de la filière régionale« , d’après la Voix du Nord.
Disons le tout net, cette association est en fait une corporation, voire un trust. Son président, Laurent Rigaud, est le patron d’une entreprise de transformation et de commerce 0de viande du Nord, et les membres sont les principaux acteurs économiques du secteur en Nord-Pas de Calais-Picardie : des groupements de producteurs de viandes bio, des fabricants d’aliments pour « bétail« ,  des chevilleurs et des distributeurs. Le tout sous la supervision de « A PRO BIO« , spécialiste de la prospection sur les marchés économiques liés au bio.

La création de cette pseudo association répond à un impératif, celui de la modernisation des entreprises du secteur de la viande. Face à la baisse incessante des profits individuels des producteurs, certains augmentent la productivité au mètre carré -c’est le projet de Ramery-, d’autres misent sur le « bio ».
Le « bio » est avant tout une question de stratégie industrielle. D’après une étude menée par le Réseau GAB/FRAB en 2009, en passant au bio, les éleveurs de truies pouvaient attendre 1 euro à 1,5 euro de plus par kilo de carcasse. Dans une brochure destinée aux professionnels de l’élevage de « porcs », le groupement d’éleveurs bio GABNOR (membre de l’association « viandes bio d’ici« ) insiste sur le peu de changements à apporter à l’élevage. En effet, la différence est surtout formelle : pour l’activité de « naisseur-engraisseur », les principaux aménagements consistent à mettre en place un parc pour les femelles gestantes, de modifier les aménagements des maternités, et après le sevrage, de permettre l’accès des petits à une courette extérieure qui peut être partiellement couverte. Enfin, dans toute l’unité de production, il est exigé de mettre un substrat au sol ; mais, s’empresse de préciser le document, il y a une tolérance de 50% de la surface en caillebotis.

Bien entendu, comme pour tous les secteurs industriels, les intérêts des acteurs sont imbriqués les uns dans les autres : fournisseurs, producteurs, transformateurs, grossistes et détaillants sont dans le même bateau. En plus du marketing, qui embobine le consommateur sur le ton de la soit-disant authenticité du terroir, tout l’intérêt d’une association comme « viandes bio d’ici » est justement d’organiser toute la chaîne de production de la « viande« . A titre d’exemple, dans un article paru dans le journal technique des agriculteurs biologiques du Nord Pas de Calais au printemps 2013, un éleveur de « porc bio » faisait état de ce qui est pour lui la plus grande difficulté : l’alimentation. Ainsi, selon lui, l’indice de consommation en bio est de 4,5 contre 3 en conventionnel (ce qui entraîne un coût supplémentaire important). Il voyait deux solutions : d’une part l’engraissement en bâtiment, et d’autre part, la filière longue qui serait possible en installant des « naisseurs » bio et en confiant l’engraissement à des céréaliers bio.

C’est l’état qui est intervenu pour faciliter la mutation d’une partie des exploitations vers le « bio ». Au travers d’un plan dit « ambition 2017 » de la commission de l’économie agricole et du monde rural du Conseil Régional, qui a pour but de doubler la production de bio entre 2012 et 2017. C’est pile au milieu de ce délai que l’association « viandes bio d’ici » a été lancée en juin 2014 dans une conférence de presse à la Chambre de Métiers et de l’Artisanat à Arras, en présence de Jean-Louis Robillard, Vice-président du Conseil régional en charge de l’alimentation, de la régionalisation de l’agriculture et de la ruralité et et de Gabriel Hollander, premier Vice-président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat.

L’association « viandes bio d’ici » est un regroupement corporatiste destiné à organiser une partie de la filière « viande » au niveau de la Région Nord-Pas de Calais et, dans une perspective faussement écologiste, à la moderniser.  Vraiment rien d’alternatif dans ce projet…

Pour produire une marchandise en dehors de agro-industrie qui détruit la planète et ses habitants, il faut beaucoup d’abnégation. On ne peut pas faire dans la demi-mesure. Car le « bio » n’est qu’une facette de l’agro-business, avec d’autres formes de fermes-usines et d’abattoirs. Non seulement le bio laisse en place l’agriculture conventionnelle et écocidaire, mais il lui permet de trouver de nouveaux débouchés. Produire dans le Nord-Pas de Calais des aliments avec une bonne qualité nutritive, dans le respect de la planète et de l’ensemble du vivant, ce n’est pas faire du « Bio ». Pour cela, il faudra imposer une agriculture organique et vegan de masse à la place des autres formes de cultures et d’élevages qui devront nécessairement disparaître. Pour que les animaux trouvent la sérénité, pour que cesse l’écocide, il ne suffira pas de changer quelques détails : c’est toute la société qui doit se transformer!

LE LAGUNAGE DE HARNES : UN SITE PAYSAGER POUR AMELIORER LA QUALITE DE L’EAU

Au pied du bois de Florimond et terrils contiguës T87 T100 et T230 dits du « marais » de Fouquières, il y a un remarquable ensemble de pièces d’eau. Sur l’eau, dans l’eau, au bord de l’eau, grâce à cette eau, de nombreuses espèces trouvent un milieu favorable pour vivre. La particularité de cet endroit est qu’il fait partie du système d’épuration des eaux usées, la nature y est constamment sous le contrôle des humains.

lagunage de Harnes - Août 14

lagunage de Harnes – Août 14

Quand les charbonnages de France (CDF) ont arrêté l’exploitation des mines de charbon, la plupart des sites sont devenus des friches. Plus ou moins délaissés, ces sites industriels largement pollués, y compris en surface, ont petit à petit été colonisés par des espèces animales et végétales. Au pied des terrils sur le site de Florimond, un bassin s’est formé du fait de la configuration des lieux en cuvette et probablement parce que le secteur est marécageux.

La conurbation de Lens dispose de quatre stations d’épuration pour traiter l’eau souillée par 300 000 habitants. La station de Fouquières date de 1990, c’est la plus ancienne. A elle seule, elle a la charge de 14 000 m3 d' »eau » par jour, c’est-à-dire 14 000 000 de litres, l’équivalent de 100 000 baignoires par jour…
Dans cette usine de retraitement, le liquide a été débarrassé d’une partie de ces composants, notamment de certaines bactéries, de métaux et de molécules chimiques polluantes. Depuis 2006, avant d’être déversé dans le canal de Lens à la Deûle, le liquide passe par le lagunage.

Il s’agit d’un ouvrage dessiné par des paysagistes sur la base du bassin formé sur la friche (l’entreprise qui l’a conçu e reçu un prix à un concours international pour cela). On comprend donc que rien n’a été laissé au hasard : la forme de l’ensemble, la fonction du lagunage et la façon dont cela s’intègre avec la nature environnante, tout cela a été pensé soigneusement. L’entreprise qui a créé ces lieux a utilisé la connaissance scientifique de phénomènes présents dans la nature, les a reproduit volontairement, pour utiliser les phénomènes naturels et les espèces vivantes afin d’obtenir un résultat attendu.

Le lagunage s’étend sur 15 ha. C’est un ensemble de huit bassins profonds de moins d’un mètre par lequel le liquide chemine. Sortant de la station d’épuration, l' »eau » passe successivement d’un bassin à un autre. L’attraction terrestre, les enzymes présentes dans les bassins, les plantes sélectionnées pour leur action filtrante et les rayons UV émis par le soleil sont les phénomènes utilisés sur le site pour débarrasser le liquide de certains polluants. Le but est que sa composition soit, à la sortie, proche de celle de l’eau. Plusieurs millions de litres de liquides, dont le flux est géré par des pompes actionnées par des éoliennes, sont ainsi traités chaque jour.

Il est fréquent de voir le héron se poser au milieu du lagunage, il est sans doute à la recherche de petits animaux pour son repas. Florimond est une percée dans le béton, la vie s’y épanouit. Le site du lagunage est au pied de l’endroit, dans une zone très marquée par les humains, des échanges complexes entre les espèces se développent pourtant bel et bien. On peut citer, à titre d’exemple la présence de nombreux groupes de vipérine commune qui favorisent la présence de nombreux papillons, dont  Ethmia bipunctella qui se nourrit de ses feuilles quand il est au stade de larve.

Quand le liquide des égouts de l’agglomération de Lens arrive au canal, on ne peut pas dire qu’il n’est que de l’eau. Mais le lagunage lui a retiré une partie de ces éléments polluants. La pollution n’a pas disparu, des bactéries ont été consommées et des molécules chimiques ont été captées par la végétation, quand d’autres ont été décomposées par les rayons du soleil. Évidemment, un grand nombre de polluants se répandent quand même en dehors du contrôle des humains. La seule solution pour enrailler cela serait de changer notre façon de produire, produire moins, ou en tous cas produire mieux.

FLORIMOND : UNE TROUEE DANS LA VILLE

Le lieu qu’on appelle couramment Florimond est un ensemble d’espaces différents connectés les uns aux autres. Ces espaces créés par l’activité industrielle au 20 ème siècle sont aujourd’hui importants pour l’épanouissement des espèces. Florimond est une trouée dans la conurbation de la Gohelle, un des rares espaces sans béton du secteur.  

Vue du terril T83, Fouquières, Août 2014

Vue du terril T83, Fouquières, Août 2014

L’endroit a une superficie de plus de 100 ha entre Harnes, Fouquières et Courrières. Différents lieux de vie connectés forment des couloirs, des « corridors biologiques » que la vie empreinte pour se répandre.

Tout en bas, il y a le lagunage de Harnes (dont nous reparlerons) qui est un ensemble de pièces artificielles d’eau. Ces eaux contiennent beaucoup de matière organique et accueillent de nombreuses espèces végétales aquatiques ou humides, comme des lentilles d’eau et des roseaux.
C’est évident, de nombreux insectes, batraciens et oiseaux, dont des hérons vivent de cet espace.

Plus haut, en direction de Fouquières, s’étend le bois de Florimond. Il s’agit en réalité d’un ancien terril aujourd’hui complètement boisé. On peut voir, entre les racines des arbres le sol caillouteux d’un noir-gris. C’est un lieu très fréquenté par les sportifs et les familles. La course « chérie-chéri » y est organisée chaque année et le très sérieux trail des pyramides noires y passe. On y entend beaucoup le cri du Pic vert et le bois est le lieu de vie et de reproduction de nombreux oiseaux de différentes espèces, comme le Gobemouche gris et le Bruant jaune.

Au sommet, les terrils contiguës T87 T100 et T230 dits du « marais » de Fouquières se succèdent. En sortant du bois de Florimond, on accède d’abord à un plateau large de plusieurs centaines de mètres et recouverts d’une végétation rase et sèche, de bosquets et d’arbustes. Des milliers de crottes de lapin témoignent de leur présence en nombre, et il est courant de les voir courir, si on est présent au lever ou au coucher du soleil. Plus haut, le terril est ponctué de canyons, peu profond mais dont la forme est unique dans le Pas de Calais. Puis on se heurte à des grillages. Il est interdit de grimper les parties les plus escarpées du terril pour aller au plateau du sommet. C’est une question de sécurité : le terril est parsemé de  zones de combustion.

Ces zones très chaudes en surface (plusieurs centaines de degré par endroit) permettent le développement de plantes normalement introuvables dans notre région, car elles vivent dans un milieu chaud. Ces parties du terril sont aussi appréciées de nombreux insectes et des lézards des murailles.
La combustion est un phénomène interne au terril, il n’y a pas besoin d’une source de chaleur extérieure. Les roches et débris de l’exploitation minière qui ont servi a constituer le terril contenaient une part importante de carbone (dont des poussières de charbon) et du soufre. D’après des études scientifiques, il est probable que les composés soufrés soient les principaux déclencheurs de la combustion. L’oxydation des sulfures passant au sein du terril à l’état de soufre et de sulfates dégageraient suffisamment de chaleur pour enflammer le carbone. D’ailleurs, les habitants de Fouquières ont déjà signalé des feux visibles sur le terril, et les naturalistes répertorient les végétaux calcinés. Ces réactions chimiques sont très observées, d’une part elles peuvent constituer un risque pour la stabilité du terril qui pourrait se déformer en raison de la fonte, puis de la solidification de la matière. En effet, les volumes et les formes pourraient changer au point de déstabiliser le terril dans son ensemble. Les scientifiques analysent d’autre part également les gaz qui s’échappent des terrils en combustions, pour les connaître, évaluer d’éventuelles risques pour la santé, mais aussi envisager leur exploitation à des fins industrielles.

Florimond était une friche, son passé industriel est encore très présent, mais il est composé de lieux dissemblables connectés les uns aux autres : des bassins, des bosquets, des bois, des prairies acides, des coteaux… Cette diversité permet le développement de nombreuses vies au milieu d’un espace qui leur est hostile : les villes de l’ex-bassin minier.

ARRAS, 44 CHATS SAISIS DANS UN APPARTEMENT

La situation des chats abandonnés est effroyable. Face à cela, chaque ville a ses personnages solitaires qui nourrissent les animaux, souvent contre l’avis des voisins qui ne voient dans les chats qu’une nuisance répugnante. La voix du nord nous raconte comment, hier, à Arras, ce sont les voisins qui ont gagné contre une amie des chats. A la demande de la mairie, la fourrière intercommunale est intervenue pour saisir les 44 chats vivant chez elle.

Chat proposé à l'adoption par le refuge de Vermelles. Septembre 2014

Chat proposé à l’adoption par le refuge de Vermelles. Septembre 2014

Nous pensons à elle avec compassion, car elle doit être aujourd’hui bien triste. Cette personne travaille à Lille et doit probablement consacrer tout son temps libre à soigner les chats. D’après l’article, elle est connue de sa famille pour ne pas supporter de ne rien faire face à la détresse d’un chat abandonné. Ce comportement démontre l’engagement profond de cette personne. Il faut saluer cela.
Mais dans le même temps, on est surpris du manque de respect qu’elle a pu avoir pour le bien-être des chats.

Les chats domestiques ont besoin des humains. Nous sommes responsables d’eux. Mais ils ont également besoin d’espace, de calme, et de sérénité. Les chats sont des animaux qui peuvent être facilement perturbés, parfois par le simple fait que nous déplacions des objets de leur environnement. Les chats sont des animaux qui sont attachés à un territoire et, sans être solitaires (contrairement à l’image répandue), ils ont besoin de maîtriser les chemins qu’ils tracent de leurs phéromones. C’est évident qu’à 44 dans un appartement de Pas de Calais Habitat, les chats ne pouvaient pas bien vivre.

Évidemment, il ne faut pas laisser les chats à la rue, sans soin, abandonnés.

De nombreux chats sont affamés, malades, accidentés, victimes de violence plus ou moins volontaires. Leur venir en aide est souvent une sorte de course qui parait être sans fin, car chaque année, de nouveaux chatons sont laissés à la rue.
Pour faire face, et donner la priorité à l’efficacité pour les animaux recueillis, il faut s’organiser. Sinon, même avec toute la bonne volonté, toute l’abnégation dont on fait preuve, on se fait déborder. C’est ce qui est arrivé à cette personne et aux 44 chats.

Elle s’est trouvée coincée entre la nécessité absolue qu’elle ressent de secourir les chats et son isolement. Et, parce qu’elle n’a pas rejoint une association, elle a mis ces protégés dans l’insécurité.
Car il faudrait être naïf pour croire, comme semble le faire le journaliste, que les chats seront vaccinés et proposés à l’adoption par la Communauté Urbaine. Malheureusement, ce qui attend ces chats c’est la mort par injection.

Dans le secteur de l’Artois, des associations et des refuges se bougent pour organiser des réseaux de solidarité. Trouver des financements pour les frais de vétérinaire et la nourriture, entretenir le refuge, trouver des famille d’accueil, et organiser les adoptions. Nous ne saluerons jamais assez le travail accompli par les chats-urges, le refuge de Vermelles, coeur de félins, Chat l’heureux ou même la SPA de Tilloy les Mofflaines.

LE PROJET « VILLES JARDINS » D’EURALENS DANS LA PLAINE DE LA GOHELLE

Euralens est une structure associative par laquelle les communes et les intercommunalités adhérentes pilotent de grands projets économiques pour le bassin minier. Le centre de ce projet, c’est le Louvre-Lens. De grosses sommes d’argent sont investies par les entreprises et les collectivités pour impulser une nouvelle dynamique dans la région. Euralens, c’est près de 600 000 habitants sur 738 km2.
Le but visé par les adhérents d’Euralens est de régénérer l’économie dans le bassin minier, en offrant la population et sa culture, des moyens de transports, et un ensemble d’infrastructures pour que des industriels viennent développer leur activité.   
Modeler le territoire en fonction des nécessités du marché économique, ce n’est pas nouveau dans le secteur.

Rue de la Liberté - Lens, juillet 2014

Rue de la Liberté – Lens, juillet 2014

Le passé minier est connu et encore très visible. Les terrils sont des lieux monumentaux qui peuvent accueillir la vie dans sa complexité ou n’être que de simples espaces verts. Cela fait partie de notre quotidien. Évidemment, les terrils sont des restes de l’industrie des 19è et 20è siècles. S’ils existent, c’est que l’Etat a délivré des concessions, permettant aux compagnies minières d’exploiter la houille. Des millions de mètres cubes de matière ont été extraites du sol pendant des décennies, permettant un développement sans précédent de la production de marchandises. La plaine de la Gohelle a été litteralement retournée.

Mais ce mouvement de transformation de la Gohelle à grande échelle, au moyen de machines modernes a commencé avant la mine.

La plaine autour de Lens est un « riez« , c’est-à-dire une plaine calcaire. Peu fertile, au début du 19ème siècle, elle n’est pas cultivée. En contrebas de cette plaine, de nombreuses zones humides s’étendent, reliées entre elles quelques mois par an, sous l’effet des crues.
On sait que les termes « Noyelles » et « Noeux » présents dans les noms des villes du secteur signifient « marais ».
Au lendemain de la Révolution française, la Ville de Lens compte 2500 habitants et a des allures de village.

La Gohelle d’alors devait être couverte de bosquets épais, de bois inondés, de roselieres, de plaines à l’herbe rase et des rivières aujourd’hui disparues, comme le Surgeon ou difficile d’accès comme La Souchez, couraient vers la Deule. Dans ces milieux, la vie s’épanouissait dans des formes variées en des échanges complexes.

Désiré François Guislain Decrombecque (celui de la rue Decrombecque à Lens) est un cultivateur ambitieux. Il hérite de l’exploitation familiale en 1818, 75 ares de labours. En 50 ans, il fait passer l’agriculture locale dans l’Ere industrielle, au point d’être désigné « meilleur agriculteur de France » en 1870. Soutenu par les investisseurs et les dirigeants politiques d’alors, il transforme la région.
En 1836, il crée une sucrerie à Lens. Dans le même temps, il généralise l’exploitation animale : pour le travail, la viande, l’engrais.
C’est le premier à nourrir les animaux qu’il exploite de la mélasse issu de la transformation des betteraves à sucre. Il fait bâtir quatre étables pour animaux autour de Lens. La croissance de son entreprise est rapide. En 1849 il cultive 250 ha et possède 600 animaux. En 1868, il fait cultiver par 500 employés 450ha de terre, et possède 50 chevaux, 80 bœufs et 700 animaux destinés à la boucherie. A cette époque, il a des intérêts, à Lens, dans une raffinerie, une sucrerie, une distillerie, une boucherie, un four à chaux, une briqueterie, une fabrique d’acide et des moulins, dont un servant exclusivement à la production de noir animal, c’est-à-dire d’engrais à base de charbon d’os broyés.

Maire de Lens de 1846 à 1865, il bénéficie de tous les appuis pour développer ses activités. Decrombecque est célébré comme « défricheur de la plaine de Lens« .
C’est sous son impulsion et pour son intérêt que la plaine sera retournée pour la première fois.
Il arrache les bois, assèche les marais et cultive la plaine. Pour l’utilisation des machines mécaniques et pour obtenir l’engrais dont il a besoin, il a recours à l’exploitation animale. Par l’utilisation des sous-produits de la culture pour élever les animaux et celle des sous-produits animaux pour augmenter le rendement de ses cultures, il réalise des profits colossaux.

A la même époque, les forages de prospection révèlent la présence de charbon en grande quantité sous le calcaire de la plaine de la Gohelle. Les investisseurs feront le choix de soutenir l’industrie de l’extraction de la houille. Le siècle qui suivra approfondira l’écocide d’origine, perpétré par Decrombecques.

Aujourd’hui, Euralens, groupement de collectivités dont l’intérêt pour la nature se résume pratiquement aux « espaces verts« , vante ses projets de « villes-jardins« .
Selon Euralens, pour voir le renouveau de la prospérité économique de la Gohelle, il faut permettre aux entreprises de se développer en façonnant la ville et la région selon les besoins du business.