LE PROJET « VILLES JARDINS » D’EURALENS DANS LA PLAINE DE LA GOHELLE

Euralens est une structure associative par laquelle les communes et les intercommunalités adhérentes pilotent de grands projets économiques pour le bassin minier. Le centre de ce projet, c’est le Louvre-Lens. De grosses sommes d’argent sont investies par les entreprises et les collectivités pour impulser une nouvelle dynamique dans la région. Euralens, c’est près de 600 000 habitants sur 738 km2.
Le but visé par les adhérents d’Euralens est de régénérer l’économie dans le bassin minier, en offrant la population et sa culture, des moyens de transports, et un ensemble d’infrastructures pour que des industriels viennent développer leur activité.   
Modeler le territoire en fonction des nécessités du marché économique, ce n’est pas nouveau dans le secteur.

Rue de la Liberté - Lens, juillet 2014

Rue de la Liberté – Lens, juillet 2014

Le passé minier est connu et encore très visible. Les terrils sont des lieux monumentaux qui peuvent accueillir la vie dans sa complexité ou n’être que de simples espaces verts. Cela fait partie de notre quotidien. Évidemment, les terrils sont des restes de l’industrie des 19è et 20è siècles. S’ils existent, c’est que l’Etat a délivré des concessions, permettant aux compagnies minières d’exploiter la houille. Des millions de mètres cubes de matière ont été extraites du sol pendant des décennies, permettant un développement sans précédent de la production de marchandises. La plaine de la Gohelle a été litteralement retournée.

Mais ce mouvement de transformation de la Gohelle à grande échelle, au moyen de machines modernes a commencé avant la mine.

La plaine autour de Lens est un « riez« , c’est-à-dire une plaine calcaire. Peu fertile, au début du 19ème siècle, elle n’est pas cultivée. En contrebas de cette plaine, de nombreuses zones humides s’étendent, reliées entre elles quelques mois par an, sous l’effet des crues.
On sait que les termes « Noyelles » et « Noeux » présents dans les noms des villes du secteur signifient « marais ».
Au lendemain de la Révolution française, la Ville de Lens compte 2500 habitants et a des allures de village.

La Gohelle d’alors devait être couverte de bosquets épais, de bois inondés, de roselieres, de plaines à l’herbe rase et des rivières aujourd’hui disparues, comme le Surgeon ou difficile d’accès comme La Souchez, couraient vers la Deule. Dans ces milieux, la vie s’épanouissait dans des formes variées en des échanges complexes.

Désiré François Guislain Decrombecque (celui de la rue Decrombecque à Lens) est un cultivateur ambitieux. Il hérite de l’exploitation familiale en 1818, 75 ares de labours. En 50 ans, il fait passer l’agriculture locale dans l’Ere industrielle, au point d’être désigné « meilleur agriculteur de France » en 1870. Soutenu par les investisseurs et les dirigeants politiques d’alors, il transforme la région.
En 1836, il crée une sucrerie à Lens. Dans le même temps, il généralise l’exploitation animale : pour le travail, la viande, l’engrais.
C’est le premier à nourrir les animaux qu’il exploite de la mélasse issu de la transformation des betteraves à sucre. Il fait bâtir quatre étables pour animaux autour de Lens. La croissance de son entreprise est rapide. En 1849 il cultive 250 ha et possède 600 animaux. En 1868, il fait cultiver par 500 employés 450ha de terre, et possède 50 chevaux, 80 bœufs et 700 animaux destinés à la boucherie. A cette époque, il a des intérêts, à Lens, dans une raffinerie, une sucrerie, une distillerie, une boucherie, un four à chaux, une briqueterie, une fabrique d’acide et des moulins, dont un servant exclusivement à la production de noir animal, c’est-à-dire d’engrais à base de charbon d’os broyés.

Maire de Lens de 1846 à 1865, il bénéficie de tous les appuis pour développer ses activités. Decrombecque est célébré comme « défricheur de la plaine de Lens« .
C’est sous son impulsion et pour son intérêt que la plaine sera retournée pour la première fois.
Il arrache les bois, assèche les marais et cultive la plaine. Pour l’utilisation des machines mécaniques et pour obtenir l’engrais dont il a besoin, il a recours à l’exploitation animale. Par l’utilisation des sous-produits de la culture pour élever les animaux et celle des sous-produits animaux pour augmenter le rendement de ses cultures, il réalise des profits colossaux.

A la même époque, les forages de prospection révèlent la présence de charbon en grande quantité sous le calcaire de la plaine de la Gohelle. Les investisseurs feront le choix de soutenir l’industrie de l’extraction de la houille. Le siècle qui suivra approfondira l’écocide d’origine, perpétré par Decrombecques.

Aujourd’hui, Euralens, groupement de collectivités dont l’intérêt pour la nature se résume pratiquement aux « espaces verts« , vante ses projets de « villes-jardins« .
Selon Euralens, pour voir le renouveau de la prospérité économique de la Gohelle, il faut permettre aux entreprises de se développer en façonnant la ville et la région selon les besoins du business.

20 ANS DE CONSERVATION DES ESPACES NATURELS, ET ENSUITE ?

Le conservatoire d’espaces naturels du Nord et du Pas de Calais célèbre ses 20 ans ce week end. Samedi 6 septembre, à la citadelle de Montreuil-sur-Mer(dont l’entrée sera d’ailleurs gratuite pour l’occasion), l’association invite le public à observer la nature au pied des remparts. Au programme de la journée, de 9h à 22h, les nombreuses animations seront basées sur les observations et les inventaires de la faune et de la flore, la construction de nichoirs et d’abris à insectes, le comptage de chauve-souris, la découverte des papillons de nuit ainsi qu’une « opération escargots ».

prairie semi-humide, marais de la grenouillère. Auchy-les-Hesdin, Aoü 2014

prairie semi-humide, marais de la grenouillère. Auchy-les-Hesdin, Aoü 2014

L’association a but non lucratif a été créée en 1994 donc, à l’initiative de plusieurs associations à vocation scientifique agissant chacune dans un domaine particulier des « sciences naturelles ». On trouve ainsi dans le Conseil d’Administration du CEN: le conservatoire botanique national de Bailleul, le Groupe ornithologique et naturaliste du Nord-Pas de Calais, la société géologique du Nord, etc.
Le CEN est donc une sorte de super-association qui permet les échanges au sujet de la Nature, par delà les frontières des spécialités.

Sans mise en commun des différentes observations et surtout sans synthèse commune, il est évident qu’il est impossible d’avoir une vision claire et juste de la situation des milieux naturels. On se demande même pourquoi il a fallu attendre le milieu des années 1990 pour aboutir à cette démarche unitaire…

Le CEN est une association regroupant des passionnés des sciences naturelles. Il ne s’agit pas d’activistes de l’écologie radicale. Le CEN (et les CEN en général d’ailleurs) sont parfaitement intégrés à l’Etat et aux politiques publiques de gestion des espaces naturels. Le CEN du Nord et du Pas de Calais se définit comme partenaire des collectivités locales et des administrations, avec lesquelles il gère 89 sites, dont une réserve naturelle nationale et 20 réserves naturelles régionales. Le CEN est donc une sorte de prolongement de l’Etat.

Le CEN met en avant son savoir-faire de « gestionnaire« . Cette notion doit être comprise avec celle de « conservation » qui en est indissociable. Il s’agit de gérer, c’est-à-dire d’organiser, d’encadrer des espaces naturels déterminés. Et le mode de gestion, d’encadrement de ces espaces, est celui de la conservation. c’est-à-dire du maintient dans un état immuable. Par exemple, la mission du CEN sera, dans une zone humide comprenant une tourbière, de maintenir la végétation méso-hydrophilique, d’éviter le développement des buissons et des arbres.

Cette action de conservation est indispensable à la survie de nombreuses espèces, par la sauvegarde de milieux précieux souvent rares et fragiles. Par exemple, sans sauvegarde des caractéristiques de la circulation de l’eau au marais de la grenouillère, le petit escargot qu’on y observe disparaitrait des lieux, ce qui remettrait peut-être la survie de l’espèce en question… Le CEN mène aussi par exemple des actions extrêmement utiles pour la conservation de l’habitat des chauve-souris.

La conservation, c’est une manoeuvre de replis face aux attaques toujours plus meurtrières que subit la Nature. En tant que vegan, nous souhaitons la libération des animaux et la libération de la Terre, l’épanouissement illimité des espèces! Or, c’est depuis ces positions de replis que la vie pourra contre-attaquer. Alors, il ne sera plus nécessaire de gérer, d’encadrer. Il ne sera plus nécessaire de contenir les espèces qui pourront cohabiter, se succèder les unes aux autres librement sur un même espace, changeant les mares en forêts et conquérant toujours plus d’espaces.
Avant de pouvoir mener la contre-attaque, il faut gonfler nos rangs, c’est l’enjeu des 20 ans à venir.

A MONTIGNY-EN-GOHELLE UNE SINISTRE « GESTION » DES CAFARDS

Dans un immeuble de Montigny-en-Gohelle, les blattes sont très nombreuses. Face aux plaintes répétées, notamment d’une locataire, Pas de Calais Habitat a organisé cette semaine une campagne de désinsectisation. Cet évènement, relaté par la voix du nord sous le titre « la chasse aux cafards est lancée résidence Flandres« , est typique d’un mépris pour les formes de vie suposées inférieures.

Il existe un gand nombre d’espèces de blattes. Celles qui vivent dans les villes, près ou dans les habitations humaines sont les blattes dites « germaniques » (blattella germanica), originaire en réalité d’Afrique de l’Ouest.
Ces blattes sont des insectes qui vivent en colonies. Chaque colonie est composée d’environ 80% de larves, pour 20% d’adultes. Le jour, les insectes se groupent et se reposent dans leur abri, et la nuit, ils explorent leur territoire à la recherche de nourriture. Les blattes se nourrissent principalement de végétaux, mais elles mangent ce qu’elles trouvent : végétaux donc, mais aussi animaux morts, fruits, graines…plus il y a de nourriture à disposition, plus la colonie s’agrandit.

Les blattes germaniques ne supporte pas le froid. Si on les trouve à Montigny-en-Gohelle, c’est uniquement parce qu’elles disposent un endroit chaud (entre 25 et 32°) et humide pour vivre.
Hors de leur zone géographique d’origine, ces blattes sont dépendantes des humains. Elles sont devenus des animaux sauvages-domestiques. Notre mode de vie, qui produit une gigantesque masse de déchets fournit à la blatte les aliments que 400 millions d’années d’existence l’ont amené à rechercher. En plus, les immeubles collectifs mal entretenus par les Offices HLM et autres bailleurs sociaux qui se fichent du peuple (avec le local poubelle dégueu, la cage d’ascenceur condamnée, les conduits de vide ordure etc), offrent beaucoup d’abris tranquiles.

La plupart des gens détestent les balttes. Notre culture est hostile aux insectes en général, les blattes ou cafards, sont considérés comme des animaux répugnants, porteurs de maladies. On raconte que les blattes entreraient dans le corps des gens par leurs orifices la nuit. Toutes ces croyances sont des préjugés sans fondement scientifique. Cependant, il faut signaler que très peu d’études sérieuses existent sur les blattes. Les laboratoires limitent leurs recherches aux moyens de les tuer, en ayant recours au passage à l’expérimentation sur les animaux.

Les habitants des villes considèrent qu’il y a trop de blattes. Cela n’a aucun sens du point de vue de la Terre. Si toutes les conditions sont réunies pour que les blattes vivent et s’épanouissent à Montigny-en-Gohelle, alors ce sera le cas.

A Montigny-en-Gohelle, la décision du propriétaire de l’immeuble est de faire intervenir une entreprise pour empoisonner les blattes. Pas de Calais Habitat est partisan de l’extermination. Il n’y aura aucune remise en question des comportements humains. Cette attitude relève de l’incompréhension parfaite de la Nature et montre bien la culture de mépris pour le vivant. Cela n’est finalement pas étonnant de la part d’un des grands « bétonneurs » du Pas de Calais.

NOUS DEVONS APPRENDRE DU MARAIS DE LA GRENOUILLERE

La région est fréquentée par des humains depuis une lointaine ère préhistorique, c’est un espace qui est en plus densément peuplée. Trouver un coin de nature « vierge » est probablement impossible. Le marais de la grenouillère, à Auchy-les-Hesdin est un espace naturel important. De nombreuses espèces végétales et animales s’y épanouissent. Pour autant, cet endroit a été largement fréquenté par les humains depuis des siècles. C’est en fait un milieu dans lequel les autres espèces se sont accomodées de l’activité humaine. Nous avons beaucoup à apprendre de ces relations entre les espèces.

La Ternoise. Marais de la Grenouillère, Auchy-les-Hesdin. Août 2014

La Ternoise. Marais de la Grenouillère, Auchy-les-Hesdin. Août 2014

L’entrée du marais de la grenouillère fait face à une barre de maisons et leurs jardins potagers, en bordure de village. Il s’agit en fait d’un ensemble multiple:
– un cours d’eau – une partie de la Ternoise – vive bien que domestiquée par un pont de bois et des instruments permettant d’en réguler le flux.
– des fossés
– une zone boisée, allant des arbustes aux grands arbres comme on en trouve en forêt.
– des prés couverts d’une végétation dense, haute par endroit, qui sont utilisés dans le cadre de l’exploitation animale, pour l’élevage de bovidés.
– le marais au sens strict c’est-à-dire le coeur de la zone humide, espace d’échange subtil entre la terre ferme et le milieu aquatique.

Le reste du secteur a vu apparaître une usine de textile désormais fermée, des zones pavillonnaires, des exploitations intensives de céréales. La structure du marais n’a quant à elle pas changé depuis une époque lointaine. Cela est du au fait que le marais était considéré comme une zone peu intéressante parce que très difficile à cultiver. Le marais a donc toujours été géré collectivement, comme un bien commun des habitants. Les paysans y faisaient paître leurs troupeaux de vaches, fauchaient les herbes pour le fourrage… Mais surtout, le marais était un élément respecté de la vie locale en absorbant l’eau des crues.

Ce phénomène de circulation de l’eau est parfaitement fascinant.
Les prairies humides représentent 80% du site. Elles sont par endroit peuplées d’espèces végétales qui ont besoin d’être sous l’eau une grande partie de leur vie. En réalité, toutes les variations de la flore sur le site sont fonction de la circulation de l’eau qui détermine les différents habitats. Le marais est principalement alimenté par la nappe alluviale de la Ternoise. Les fluctuations de l’eau interviennent dans le temps et dans l’espace. Dans l’espace, il s’agit du phénomène lié au gonflement de la nappe en sous sol. Le volume d’eau augmente en raison des pluies, quand l’eau ne peut plus être stockée en sous sol, elle affleure. Les niveaux les plus bas du marais se remplissent d’eau. La superficie des mares augmente, inondant en partie les bois et prairies autour. L’eau évolue dans le temps, puisque le marais restitue l’eau pendant les périodes plus sèches, en alimentant la Ternoise et les fossés, si bien que le secteur garde son caractère de zone humide.

C’est ce lent mouvement de circulation de l’eau qui permet l’épanouissement de nombreuses espèces végétales et animales. Près de 200 espèces de fleurs sauvages se développent dans le marais, certaines prairies  se couvrent de « mégaphorbiaies« , ces hautes herbes profitent de l’eau et de l’abondance de la matière organique du sol.
Parmi les nombreuses espèces animales présentes, l’une d’elle est particulièrement liée à la circulation lente de l’eau dans le marais. Il s’agit d’un petit escargot appelé Vertigo moulinsiana (dont on peut voir la photo dans notre post précédent). Cet escargot se nourrit d’un  biofilm appelé « périphyton« . La présence de cet escargot dépend de cette fine couche de matière organique qui recouvre les feuilles des végétaux poussant près de l’eau. De plus, les vertigo moulinsiana se déplacent dans les zones humides à la faveurs des crues, en navigant sur des débris végétaux à la dérive.
A l’échelle de la planète; les populations de vertigo ne cessent de se réduire, du fait de la disparition de leur habitat.

Avec toutes ces caractéristiques, on se réjouit du fait que le Marais de la Grenouillère soit classé réserve naturelle régionale. Mais les institutions qui protègent cette zone humide font des différences dramatiques entre les espèces. Pour préserver les espaces de prairie semi-naturelle, il est nécessaire que des animaux ruminants soient présents, il faut aussi que des sabots foulent le sol pour permettre le développement de certaines espèces végétales. Si le marais tel qu’il existe est le fruit d’une histoire qui englobe l’élevage – donc l’exploitation – des vaches, ce n’est pas la botanique qui justifie le choix des autorités de passer des contrats avec les éleveurs bovins locaux. Les autorités administratives ont choisi de soutenir ouvertement le système de l’exploitation animale. C’est le même non-sens qui fait que la pêche « de loisir » est autorisée, et largement pratiquée, dans la réserve naturelle.

Nous avons encore beaucoup à apprendre de ce lieu, dont l’inventaire est loin d’être terminé. Pour cela, il faut le préserver ce qui nécessite de privilégier l’intérêt de cet espace semi-naturel et des communautés d’espèces présentes par rapport aux activités humaines.

NORD-PAS DE CALAIS : L’ALCOOL POUR ANESTHESIE

Il n’y a pas une fête de famille sans bière, pas une manifestation publique sans sa buvette, pas un match de foot sans son lot de mecs bourrés. Dans le bassin minier, nous baignons très jeunes dans la culture de l’alcool, en particulier de la bière. Une récente étude de l’administration fait un point sur la consommation de drogues dans la région Nord-Pas de Calais. Le constat est contrasté, mais la tendance générale ne va pas dans le bon sens.

La grosse berline - Sallaumines, mai 2014

La grosse berline – Sallaumines, mai 2014

L’institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) est un établissement public, donc une structure de l’Etat. Il fait partie de la grande hypocrisie de l’Etat à propos des drogues : certaines sont interdites, d’autres sont subventionnées. Tout le monde sait que la consommation de ces marchandises cause des drames dans la vie des gens, comme des maladies, des morts, des crimes… L’Etat entretient le trouble et au lieu de trancher clairement, il choisit de faire des études et de « gérer » la question. L’INPES a notamment pour rôle de réaliser des statistiques et de rendre des conclusions.

L’étude qui nous a intéressé détaille les consommation de drogues dans la région. Une partie de la population dont l’âge est compris entre 15 et 75 a été intérrogé sur l’usage de tabac, de cannabis, d’ectasy, de champignons, de poppers, de cocaïne et d’alcool. L’Institut conclut que les habitants du Nord-Pas de Calais consomment moins de cannabis et d’auters drogues illégales que ceux des autres régions en moyenne.
Ces résultats sont donc positifs sur ce point. Moins de drogues consommées dans le Nord-Pas de Calais, cela semble un indicateur positif de la santé des gens. Cependant, il faut relativiser les résultats car ces chiffres sont obtenus sur la base d’un échantillon de la population (et non sur l’intégralité des gens), et sur la base d’un témoignage (et pas d’un test médical). On peut être sur qu’une étude systématique aurait des résultas différents.

L’étude aborde la question de la consommation d’alcool et forme la synthèse suivante :

« l’usage quotidien d’alcool chez les adultes apparaît plus fréquent dans les Pays-de-la-Loire, ainsi qu’en Nord-Pas-de-Calais, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, et moins courant en Île-de-France, Haute-Normandie et Lorraine. Certaines des régions surconsommatrices se distinguent également par des fréquences plus élevées d’épisodes d’alcoolisations ponctuelles importantes (API) ou d’ivresse(s) dans l’année (Pays-de-la-Loire, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon), tandis que le Nord-Pas-de-Calais présente des niveaux d’ivresse(s) inférieurs au reste de la France. »

Donc, les ch’tis consomment plus d’alcool au quotidien, mais se prennent moins de cuites.

L’INPES conclut qu’il s’agit d’une bonne nouvelle en terme de santé publique. En réalité, cela ne va pas dans le bon sens. Car cela traduit essentiellement une réelle accoutumance à l’alcool. Les gens déclarent ne pas avoir d’épisode d’ivresse, mais boire chaque jour… C’est que l’ivresse apparaît quand on perd les pédales, quand on est surpris par les effets du produit. Or, il est évident que quand on boit chaque jour, on connaît parfaitement les effets du produit, on n’en est plus surpris. Il ne faut pas se réjouir de ces conclusions, mais bien considérer que cela va dans le mauvais sens.
Les habitants du Nord-Pas de Calais consomment massivement l’alcool. Contrairement à une autre tendance française à l’alcoolisation rapide forte et ponctuelle, ils s’imprègnent quotidiennement, lentement, sans sentir vraiment les effets. Ce n’est pas une fuite vers les paradis artificiels dans un délire psychédélique, mais un long endormissement des sens et de la conscience, comme une anesthésie.

LE REFUS DE LA DECHEANCE

La société française, dont le bassin minier du Pas de Calais est une partie, est marquée par l’individualisme. Dans l’ambiance générale, chacun peut bien faire ce qu’il veut. C’est le règne du laisser-aller, du « j’m’en-foutisme ». Au nom d’une soit-disant liberté absolue, chacun peut se défoncer, boire, consommer du sexe, sans se soucier des conséquences pour les autres individus et pour la société entière.

Contre cela, les personnes straight edge (et vegan edge bien sur) se font le serment de respecter les principes d’un mode de vie positif. Selon la formule, il s’agit de « rester vrai » (« stay true ») à soi-même et aux autres. Nous nous protégeons et nous protégeons les nôtres contre la déchéance, contre la chute dans le toujours plus glauque. Renoncer à cette vie, ce serait trahir. Inacceptable.

 

La déchéance

Tu peux tourner le dos au mouvement
mais tu ne peux pas reprendre le contrôle
le sang que tu as versé
c’était en vain
c’était tout ce que nous avons fait
juste pour le respect
mais p*** tu croyais quoi?
Quelle pensée t’a traversé la tête?
Je me souviens quand tu as fait ton serment, tu as dis dit : « pour la vie »
Mais p***, tu n’es pas mort!

Comment tu vis avec ta honte?
Je ne peux plus avoir confiance dans ce que tu dis

Jamais en 15 années je n’ai douté
Pas même pour un instant
rien, personne, pas une pensée, ne peut me détourner de cette cause
Détourne le regard, ce que je dis est vrai
Rien ne change jamais
Sauf toi
N’essaie pas de te justifier
C’est celui que tu as dit que tu serais

Qu’est-ce
que tu essaies d’être là?
Tu t’es moqué de tout ce dont je suis fait
et il n’y aura pas de compassion pour les traîtres
pas de pitié pour les traîtres

 

The Downfall

you can turn your back on the movement
but you can’t take back control
the blood you shed
was all in vain
it was all we did just for respect
what the fuck were you thinking?
what thought ran through your head?
I remember when you gave your oath and you said, « for life »
But you’re not fucking dead.

How do you live with your disgrace?
Now I can’t trust anything you say

Never in 15 years have I ever doubted this
Not even for a moment
Nothing, no one, no thought, can take me from this cause
Losing sight, nothing is incompetent
Nothing ever changes
Except you
Don’t try to back yourself up
That’s who you said you were

What
are you trying to be?
You’ve made a mockery of everything I’m made of
and there will be no compassion for traitors
no compassion for traitors
hyah