Pour certaines personnes, la nature est un décor. Ce qu’ils appellent « environnement » est un ensemble d’éléments posés là sans raison, sans lien les uns avec les autres. Dans ce décor, l’homme vient tracer des routes, couler du béton, monter des immeubles, etc. Suivant cette logique, l’homme domine son environnement, sans distinguer ce qui est vivant de ce qui est de l’ordre de la matière inerte. C’est ce mode de pensée qui fait que certaines personnes collent des affiches sur le tronc des arbres, comme s’il s’agissait des panneaux d’affichage. Nous sommes témoins de l’existence de ces comportements, notamment à Lille où la photo a été prise.
L’affiche publicitaire en question est intéressante à plus d’un titre. Elle fait l’annonce d’une soirée organisée par le Rotary et le 4L Trophy. Les Rotary club regroupent des personnes appartenant à la bourgeoisie dont le but est de se mettre au service des autres. L’un de leur slogan est d’ailleurs : »One profits most who serves best« , c’est à dire « qui sert le mieux profite le plus« . Le 4L Trophy, quant à lui, s’il n’atteint pas les sommets de la Gumball 3000, n’en reste pas moins une course automobile. C’est à dire que cet événement exalte l’esprit de compétition en mettant en concurrence 1350 équipages (soit 2700 participantEs) sur 6000 kilomètres de route en france, en espagne et au maroc. Le 4L Trophy est une course de vieilles voitures, des renault 4, mettant en avant un prétendu engagement « eco-citoyen« . Mais en plus du carburant et de l’huile consommés, les voitures traversent les lieux de vie de nombreuses espèces animales et végétales qu’illes perturbent durant les épreuves et les bivouacs. Les organisateurs-trices, et les concurrentEs de ce rallye automobile d’étudiantEs ne semblent considérer les espaces traversés que comme un décor pour leurs jeux.
Ce mépris du vivant fait partie de la culture de la jeunesse encadrée par les bourgeois du Rotary. En effet, sur l’affiche, c’est sous forme de squelettes morts-vivants qu’illes se sont représentéEs au volant de leur 4L. Cela rappelle le cri de ralliement des fascistes durant la guerre d’espagne : viva la muerte (« vive la mort »).
Cette emprise culturelle de la bourgeoisie conduit au rejet de la vie, par un mépris de la Nature. Les bourgeois rejettent l’idée que les êtres humains sont des animaux parmi les autres, et à ce titre liés aux autres espèces vivantes. Les arbres peuvent donc sans que cela les dérange être traités comme des poteaux de métal, englués de colle, et couverts d’affiches!
Pourtant, le tronc est un organe fondamental de l’arbre. Au cœur du tronc circule notamment la sève brute, des racines vers les feuilles. L’écorce protège l’ensemble des cellules vivantes du tronc, en particulier le cambium qui est une couche épaisse de quelques cellules seulement. Il s’agit d’un tissu qui d’un coté fabrique une couche de bois vers l’intérieur, et une couche de liber vers l’extérieur. Le liber conduit la sève élaborée vers les racines et les cellules en croissance. Les cellules extérieures du tronc jouent un rôle essentiel dans la santé de l’arbre entier : elles assurent la cicatrisation, constituent un rempart étanche contre les infiltrations d’eau, les champignons, les bactéries et les maladies.
Il peut paraître dérisoire de critiquer la pratique consistant à coller des affiches sur les arbres. C’est vrai que le combat n’a pas la dimension de celui mené par nos camarades qui ont du s’opposer à Vinci et à l’état russe à Khimki…Nous serons peut-être moquéEs pour cela. Pourtant, c’est la même culture de mort qui est en jeu, c’est cela que nous combattons. D’autres militants, « anti-fascistes », se prétendent écologistes et laissent derrière eux des autocollants sur les troncs des arbres, comme des supporters de Mélanchon l’on fait à Wazemmes.Pour nous, être Vegan Edge ne se limite pas à porter des tee-shirts pour marquer notre engagement ou à passer notre temps à critiquer cellEUx qui participent aux soirées dans lesquelles l’alcool coule à flot et les drogues circulent librement. Etre antifascistes, pour nous, c’est avant tout combattre les attaques réelles du patriarcat écocidaire : l’appropriation du vivant et sa destruction.

