CONTRE l’ECOCIDE (1) – LE GROUPE EARTH CRISIS ET LA LOGIQUE DE CONFRONTATION

Ecocide est un titre du groupe US Earth Crisis, paru en 1998 sur l’album Breed the Killers (et avant ça sur l’EP All Out War en 1992).
Ce titre est selon nous emblématique de ce qu’implique la morale vegan straight edge quand on se trouve en présence d’une menace envers la Nature. Le constat qui est fait dans ce titre, c’est qu’il est temps de développer la logique de confrontation (sous-entendu, violente) face aux responsables de l’écocide, c’est-à-dire les entreprises capitalistes et leurs alliés politiques.

 

Rendue silencieuse par le grondement des flammes.
Après les cris perçants des mourants, rien ne reste.
Profanée, découpée, brûlée jusqu’au
Sol. Dans la frénésie d’avidité, les cris de
protestation sont noyés.
La Terre meurt – Écocide. Les forêts de la Terre présentes de tous temps
Pour perte. Les pensées de l’avenir ils les piétinent dans leur hâte.
Ces entreprises concentrées sur le symbole dollar ravagent l’Amazonie comme une
nuée de sauterelles. Les panaches de fumée noire montent dans le ciel.
Une forêt de belles créatures meurt intensément. Des champs fumants
De dévastation restent dans le sillage des humains.
Par les populations qui grossissent avec avidité,
Ils justifient ce viol.
Le pouvoir du dollar ne peut pas l’emporter
au cours de l’inévitable et néfaste issue.
Le moment de la réaction n’a que trop tardé de la protestation vers
l’affrontement pour moi comme pour toi.

 

 

Ce montage vidéo a été réalisé suite à la pollution écocidaire provoquée dans le golfe du Mexique par la plate-forme pétrolière « Deepwater Horizon« , depuis 2010.

ADOPTE UN…MODE DE VIE

« Adopte un mec« . Quand on est vegan edge, on se sent concerné par cette phrase qui sonne comme un appel à l’adoption. Adopter ou recommander l’adoption fait partie du quotidien de beaucoup de personnes veganes. Mais alors, il s’agit d’apporter notre soutien à des animaux non-humains en galère, de les accueillir, les soigner, les aider.

« Adopte un mec » est une formule inventée par des spécialistes de la communication et du marketing, afin de faire du business sur internet. Ils ont fait fortune en créant adopteunmec.com, qui est devenu le premier site de rencontre sur internet. Ils ont constaté que les femmes étaient submergées de sollicitations de la part d’hommes sur ce genre de sites. Ils ont eu l’idée de donner un « avantage » aux femmes en leur permettant d’accepter ou non de répondre aux hommes qui leur envoient des « charmes » qu’ils ont payés à l’entreprise qui gère le site. En fonction du contact qui suit, la femme décide d’adopter l’homme, ou pas.

Le côté commercial bien que commun à tous les sites de rencontre en ligne, évoque ici des images particulièrement horribles. L’animalerie. Le logo du site représente de manière stylisée une femme poussant un chariot, dans lequel elle peut mettre un homme. Des hommes sont donc disponibles à l’ »adoption« , exactement comme des animaux sont disponibles à la vente, maltraités, venant de traffics, arrachés à leur mère, drogués puis tués, dans les animaleries des centres commerciaux. Bien sur, la comparaison s’arrête là, les seules véritables victimes innocentes sont les animaux non-humains des animaleries. Car les mâles humains sont volontaires, et paient pour être proposés à l’ »adoption« . Il n’empêche que ce site participe à la banalisation des achats « coup de coeur » d’animaux dans les animaleries. « Adopter‘ ou « acheter« , il n’y aurait pas de différence, il n’y aurait pas plus de responsabilité dans un cas que dans l’autre. On se balade dans les rayons, on pioche, on consomme, et puis on jette. Ceux qui ne sont pas adoptés, sont des marchandises de rebut. Les pas mignons, les trops grands, les trop vieux, les handicapés n’ont pas leur chance à l’adoption!
C’est exactement le fonctionnement inverse des réseaux animalistes, des vegan, de celles et ceux qui agissent pour les animaux : les ami-e-s des galgos, des animaux agés, des animaux abandonnés, sauvés, libérés. Adopter un animal c’est aller contre le darwinisme social qui s’enracine dans la société et qui veut que certaines vies sont considérées inutiles, bonnes à détruire.

Revenons au site internet. Une fois « l’adoption » faite, la femme et l’homme forment donc un couple. Quelle qualité a leur relation? Près de 400 000 abonnés paient l’accès au site, et plus de 550  000 personnes ont téléchargé l’application pour leur téléphone. C’est un nombre colossal. C’est évident, les personnes qui fréquentent le site vivent des relations éphémères, multiples et surement simultanées.

En tant que straight edgers, on n’a donc rien à faire sur ce genre de sites!

Car enfin, même si les personnes qui sont adeptes de ce genre de sites de rencontre sont consententes pour des relations « sans prise de tête« , et n’ont donc pas la volonté d’abuser des autres, il s’agit quand même de consommer. Consommer du partenaire, consommer du sexe.
Tout cela est à l’image de la société capitaliste responsable de la destruction industrielle de la vie. On agit dans l’insatisfaction permanente de ce que l’on a. On veut plus, on veut du différent, on veut du nouveau. On agit sans respect pour des partenaires-jetables. On a une sexualité de consommateur, faussement libérée, accumulatrice.

Comme tout un chacun, une personne vegan edge ignore combien de temps la relation amoureuse dans laquelle elle est engagée va durer. Chaque chose a une fin, il n’aurait aucun sens de promettre l’éternité. Mais être vegan edge, c’est refuser la fausse liberté qui prend souvent la forme de la facilité. Dans tous les aspects de la vie : c’est ne pas céder à la facilité de l’exploitation animale, ne pas céder au faux confort des drogues, ne pas céder au sexe pour le sexe sous prétexte que c’est possible. Etre vegan edge, c’est refuser une vie d’accumulation de frustrations et de violence. Ce n’est pas être quelqu’un de meilleur, mais c’est vouloir une vie meilleure, mieux remplie.

Libère-toi, Adopte le mode de vie vegan edge!

LE STRAIGHT EDGE PRO-SEXE

Ian MacKaye, le chanteur et guitariste des groupes punk Minor Threat et Fugazi, est crédité comme étant le créateur du terme straight edge. Bien qu’il ait déclaré à plusieurs reprises qu’il n’était pas dans son intention à la base d’en faire un mouvement, il demeure aujourd’hui une personne très influente dans la scène hardcore straight edge.

Mais MacKaye ne pouvait que se planter en prétendant ne pas vouloir créer un mouvement, car il appelle à rompre avec les pratiques  égoïstes, superficielles et autodestructrices répandues dans la scène Punk, mais aussi dans le reste de la jeunesse, le poid des principes straight edge grandit. Le sXe devient un mouvement. Ce mouvement est une voie de libération de l’individu qui permet de mieux se respecter et de respecter les autres, en rejetant ce qui nous détruit.

Les paroles du titre « Out of Step« , notamment : »"I don’t smoke. I don’t drink. I don’t fuck. At least I can fucking think. » (je ne fume pas, je ne bois pas, je ne baise pas. Au moins je peux penser), sont un cri de rage, et peuvent paraître un  peu court pour fonder une philosophie… Voici la réponse qu’il donne quand on l’interroge à propos du 3ème X des principes sXe, qui concerne la sexualité.

Le Straight Edge est en réalité pro-sexe. Le sexualité est naturelle et fait partie d’une vie saine. Mais le straight edge est né à une époque où la conquête de liberté sexuelle a souvent signifié le viol commis lors d’un rendez-vous, et ouais, fuck le viol commis lors d’un rendez-vous! Ce à quoi je m’opposais clairement était le sexe abusif, recherché à tout prix, manipulateur. Les gens qui n’ont pas été intéressés par les sentiments des autres personnes, mais seulement par le  fait de conclure. J’ai vu, adolescent, que des motivations des gens ont été carrément captées par le fait de rattraper le « retard » dans la sexualité, au point que beaucoup de douleur et de dommages en sont sortis. Je connaissais des femmes qui ont été violées par des gens qui ne se sont pas soucié de quoi que ce soit d’autre que conclure. Et j’ai juste pensé que cette sorte d’obsession n’était pas saine. J’ai pensé que je me prononcerais contre cela et j’ai obtenu le soutien de beaucoup de monde. Je suis pro-sexe, c’est certain, je n’ai aucune difficulté avec le sexe entre des gens qui veulent faire l’amour. Mais j’ai estimé que trop d’énergie dans notre scène a été dépensée dans des buts égoïstes.

Ian Mackaye, Sober Living For The Revolution

Cette façon de présenter les choses nous convient parfaitement. En effet, le 3ème X ne signifie pas pour nous rejeter la sexualité en bloc, ou la permettre sous condition de mariage, comme le prône certains religieux qui se disent sttraight edgers.

En réalité le cri »I don’t fuck » signifie bien : « je rejette la culture du viol, la sexualité qui consiste à consommer l’autre, à abuser de lui ». Ce qui est rejeter par nous autres Edgers, c’est la sexualité qui est fondée sur des rapports de domination.